Wong Wee Keong a été condamné, vendredi, par la justice singapourienne à trois mois de prison pour avoir importé du bois de rose malgache.

Le verdict est tombé. La Cour suprême de Singapour a condamné vendredi à trois mois de prison et à 500 000 dollars d’amende l’homme d’affaires Wong Wee Keong, directeur général de la société Kong Hoo, pour avoir importé du bois de rose malgache. Sa société est également condam­née à payer 500 000 dollars d’amende. La cargaison de près de 30 000 rondins de bois, pour sa part, est confisquée.
Wong Wee Keong, 56 ans et son entreprise Kong Hoo avaient importé près de trente mille rondins de bois de rose d’une valeur estimée à 50 millions de dollars en février 2014. La cargaison a été interceptée dans le port de Jurong, Singapour, où elle avait été déclarée en transit, le 15 mars 2014 pour être expédiée à Hong Kong. Par deux fois, il a été acquitté, en 2015 et 2016.
Selon le journal local, The Straits Times, le juge singapourien avait estimé que l’affaire ne consistait pas en un crime transnational organisé et que rien ne prouvait que la cargaison ait été acquise illégalement. « Même si le bois de rose avait été illégalement amené à Singapour, les preuves n’indiquent pas qu’il avait été obtenu illégalement et qu’il avait été importé en “contrebande” au sens ordinaire de compréhension de ce mot », avait déclaré le juge singapourien See Kee Oon rapporté par The Straits Times dans son édition en ligne du vendredi 28 avril.

Importation illégale
La justice singapourienne n’a pas donc pris en considération les déclarations des autorités malgaches faisant état de l’illégalité de l’importation de ces bois précieux. L’homme d’affaires a été condamné pour avoir fait entrer une espèce protégée, sans l’autorisation de l’autorité agroalimentaire et vétérinaire singapourienne (AVA). Le bois de rose est une espèce protégée au titre de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), à laquelle la Ville-État est signataire, tout comme Madagascar. Et en vertu de la Loi sur les espèces menacées d’extinction (importation et exportation) de Singapour, le bois de rose ne peut être importé sans l’autorisation de l’AVA.
Par ailleurs, le gouvernement malgache avait envisagé le rapatriement de ces trente mille rondins de bois de rose d’une valeur estimée à 50 millions de dollars américains. Pour ce faire, il compte sur l’appui des autorités singapouriennes. « L’État Malgache est disposé à travailler avec les autorités singapouriennes pour décider de la disposition légale et transparente de ce stock de bois de rose », a indiqué le communiqué du gouvernement malgache à la réaction du verdict de la justice singapourienne fin mars. Dans ce sens, la confiscation de ces 3 235 tonnes de bois de rose pourrait être une bonne nouvelle pour le gouvernement pour en réclamer la propriété. Mais il reste à savoir si les autorités de la Ville-État accepteront et/ou la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore en voie d’extinction (Cites) et donneront l’autorisation de transporter la cargaison.
Pour le moment, l’opinion publique attend les mesures concrètes sur la poursuite des « complices  malgaches » dans cette affaire.

Lova Rafidiarisoa