Une pièce à la fois intellectuelle et folklorique, c’est une création unique en son genre qui a hypnotisé l’audience de l’Institut français de Madagascar (IFM) Analakely dans la soirée du samedi. Vers 19h tapantes, le rideau s’est levé sur la pièce « Regard noir et langue de feu », une pièce exclusive de la part de la compagnie Suisse Théâtre Ad Hoc. Illustré avec verve, prestance et passion par trois acteurs de théâtre haut en couleurs, à savoir Mathieu Chardet et Papa Meissa Gueye, ainsi que Ayser Vançin à la musique, la pièce se découvre comme une autobiographie transcendante de cet illustre homme de lettres, poète, écrivain, politicien et par dessus tout grand humaniste qu’est Léopold Sédar Senghor.
Durant plus d’une heure, l’auditoire s’est ainsi laissé embarquer dans une épopée dans le temps et l’espace, dans laquelle un dialogue s’instaure. Mathieu Chardet interprétant à la fois le narrateur et l’interlocuteur principal de Papa Meissa Gueye qui joue le rôle de l’éminent poète, s’est ainsi plu à échanger à travers une joute oratoire fraternelle. Entre poésies, chants et danses, ils ont relaté les péripéties de la modeste vie de Léopold Sédar Senghor à travers les âges, et durant laquelle il s’est engagé à promouvoir activement les valeurs de la Négritude.
« Fraternité, dignité, égalité et liberté. Ce sont les valeurs auxquelles je m’attache, auxquelles je voue mon être et mon existence et que je perpétuerai toujours. La Négritude est la somme de ces valeurs auxquelles j’adhère. C’est un fait où les valeurs culturelles, sociales, politiques se conjuguent pour nous rassembler, nous fédérer et forger notre fraternité en tant qu’homme », scande le personnage de Léopold Sédar Senghor. Le public est alors en émoi, songeur et subjugué par la pièce dans le silence le plus total.
« Militant de la francophonie, des valeurs africaines et de la fraternité universelle, l’homme conjugue sa foi religieuse à sa dévotion au socialisme. Un humaniste exemplaire, aux pensées poétiques et un combattant infatigable de la paix », souligne le narrateur. Évoquant le sujet de l’immigration, du racisme et de la discrimination en général, avec « Regard noir et langue de feu » et l’histoire de Léopold Sédar Senghor, la compagnie Théâtre Ad Hoc illustre la Négritude comme le soleil de l’âme. Une idéologie à travers laquelle l’homme forge son caractère pour le bien de son pays et d’autrui. « Je chante un paradis de paix », affirme le personnage humaniste pour clôturer la pièce, et comme dernier message à faire passer aux générations futures.

Andry Patrick Rakotondrazaka