Les investisseurs de Madamobil viennent de déposer, mercredi, une plainte contre les autorités. Un centre d’arbitrage à Washington est en charge du dossier.

L’affaire Madamobil refait surface. Cinq ans après la révocation de sa licence, l’opérateur télécom vient de porter plainte contre les autorités malgaches devant un centre d’arbitrage international. L’information a été confirmée par une source auprès de la Primature.
« C’est une plainte contre l’État. La société a porté l’affaire sur la scène internationale », confie une source. La requête a été déposée par LTME Mauritius Limited et Madamobil Holdings Mauritius Limited le 9 août, auprès du Centre international de règlement des différends en matière d » investissement (CIRDI), à Washington aux États-Unis.
Cette-fois ci donc, c’est du sérieux. À la suite de la révocation de sa licence mobile en mai 2012, les investisseurs de ce quatrième opérateur mobile du pays ne veulent pas en rester là. Ils ont annoncé leur intention de procéder à une requête d’arbitrage auprès de la CIRDI, afin de demander plus de 200 millions de dollars de dommages et intérêts en réparation des préjudicies subis, selon le communiqué de l’époque publié par Madamobil Holding Mauritius Limited, dont les principaux actionnaires sont Life Telecom et Tecom Investments. Par ailleurs, on ne sait pas si les plaignants maintiennent toujours ce montant dans cette affaire. Les différentes sources contactées restent muettes sur le contenu du dossier.
Obstacles illégaux
L’obtention de sa licence fait l’objet de plusieurs contestations. L’histoire remonte à 2005, lorsque la société Life Telecom a déclenché  des démarches auprès des autorités pour la reprise de la licence d’Intercel, une société en faillite.   L’Office malgache d’étude et de régulation des télécommunications (OMERT) a officialisé  le  transfert  de  la  licence  d’Intercel  vers  la  société  Madamobil le 30 juin 2008. Depuis, cette décision est contestée  par  certains opérateurs. La commercialisation de Life, le nom du produit de Madamobil, était parsemée d’embûches, entre procès et blocage d’interconnexion, jusqu’au retrait de sa licence mobile le 9 mai 2012.
« Pendant les trois dernières années, les autorités malgaches ont opposé à Madamobil des obstacles illégaux à son exploitation dans le but de l’obliger à payer des sommes qu’elle ne doit pas », avait indiqué à l’époque l’opérateur télécom dans un communiqué. En effet pour justifier sa décision, l’État annonce, à travers l’Omert, le non-paiement
de l’opérateur télécom des taxes et redevances. Le retrait de sa licence met fin aux activités de la société dans la Grande île. Les investisseurs se voient obligés
de fermer à double tour les portes de Madamobil, laissant derrière eux un plan d’investissement de 100 mil­lions de dollars sur cinq ans, et la création de centaines d’emplois. Le dépôt de cette plainte ouvrira à un nouveau feuilleton entre l’État et le propriétaire de la marque Life.

Lova Rafidiarisoa