Le personnel de la commune urbaine de Taolagnaro a manifesté devant la mairie. Ils n’ont pas touché quatre mois de salaire.

Quatre mois d’arriérés de salaire. Les employés de la commune urbaine de Taolagnaro sont en colère et dénoncent la politique du gouvernement concernant les ressources des collectivités territoriales. En fait, ils ont entamé une grève générale devant la mairie sans même assurer un service minimum depuis avant-hier.
« Nous demandons l’abrogation de l’arrêté interministériel du 21 février 2014 », martèle Mosa Mampionona Fabrice, délégué du personnel.
Précisément, 70% des ristournes minières collectées par la commune doivent être affectés aux investissements tandis que les 30% restants sont dédiés aux dépenses courantes.
« À cause de cet arrêté, le paiement de notre salaire accusait un retard d’un mois à partir de février 2014, et maintenant c’est quatre mois d’arriérés. Avant, on a laissé la commune libre de gérer les ristournes, et non seulement on a pu faire des investissements, comme l’achat des camions pour le ramassage des ordures, mais la mairie a aussi réussi à payer à temps les salaires du personnel », dénonce le délégué.

Abrogation
À ce jour, le budget de fonctionnement n’arrive pas à couvrir les salaires des employés de la mairie. Les quatre mois de salaire non payés se chiffrent à plus de 100 millions d’ariary.
« Nous voulons que l’abrogation de cet arrêté soit à l’ordre du jour lors de la session ordinaire des parlementaires, début mai. Mais en attendant, les autorités doivent chercher des solutions provisoires pour le paiement de ces quatre mois d’arriérés de salaire », revendique le porte-parole.
Toujours est-il que c’est la population qui est victime de la situation. Sans service minimum, la légalisation de signatures, les certifications, la délivrance d’actes d’état civil restent en suspens.
« Il est peut-être temps de revoir la politique de décentralisation, laquelle pénalise le développement des communes et des régions », commente un économiste.

Moïse Fanomezantsoa