Le scandale Paradise Papers concerne aussi Madagascar. Les noms d’hommes d’affaires malgaches et étrangers sont divulgués par l’ICIJ.

Pointés du doigt. Douze nouveaux noms de personnes résidant à Madagascar s’ajoutent à la liste d’hommes et de femmes d’affaires impliqués dans les scandales financiers. Après l’Offshore leaks en 2003, le Panama papers d’avril 2016, douze noms dont cinq Malgaches sont cités dans le site de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). Révélée à partir du 5 novembre, la liste met en exergue des personnages publics mondialement connus.
En ce qui concerne Mada­gascar, une société hébergée aux Bermudes détentrice de droits d’exploitation pétrolière est citée cinq fois dans la liste. Elle implique ainsi cinq personnes résidant à Madagascar. La liste cite une femme malgache résidant à Betongolo. Elle est à la fois actionnaire et directeur exécutif de la société entre 2006 et 2007. Dans un deuxième dossier, elle est domiciliée à Ambohi­trarahaba et  exerce la fonction de fondé de pouvoir et de directeur de 2004 à 2009. Quatre autres individus apparaissent dans cette liste en qualité de président et d’actionnaires.
Dans le site de l’ICIJ, le président d’une société minière de renom à Mada­gascar est également cité. Par ses fonctions, il endosse les responsabilités d’autant que le siège de cette société se trouve également aux Bermudes. De par son nom, il est le deuxième malgache cité dans les Paradises Papers. L’affaire concerne également six autres individus qui gèrent des sociétés à l’Île Maurice et aux Seychelles. Leur nationalité n’a pas été dévoilée mais ils  résident à Madagascar en tant que directeur, actionnaire et bénéficiaires finaux.

Loi obsolète
Le journal allemand Süddeutsche Zeitung a reçu d’une source anonyme un dossier contenant treize millions quatre cent mille fichiers venant d’un cabinet d’avocat spécialisé en optimisation fiscale Appleby. Il les a donnés à l’ICIJ qui a collaboré avec quatre vingt quatorze médias et plus de trois cent journalistes. Après un an de dur labeur, les « leaks » ont été publiés au début de ce mois.
Selon le numéro un de la lutte contre le blanchiment de capitaux, en tant que membre du Groupe d’action financière (GAFI) et le réseau de recouvrement des avoirs en Afrique australe (ARINSA), le Samifin peut agir à partir des transmissions spontanées venant des autres services de renseignement financier. Toutefois, à cause de l’obsolescence de la loi anti-blanchiment d’argent, oubliée dans les tiroirs depuis une année, les marges de manœuvre du service de renseignement financier malgache est limité. « Nous ne pouvons agir qu’à partir des déclarations d’opérations suspectes (DOS) », déplore Boto Tsara Dia Lamina directeur général du Service des renseignements financiers à Mada­gascar (SAMIFIN)..
Evasion fiscale ou optimisation fiscale, il est encore difficile de qualifier les agissements de ces individus.
« Il se peut que les sociétés profitent des brèches dans la législation d’un pays pour placer leurs affaires dans les paradis fiscaux. Ainsi on ne peut pas parler d’évasion fiscale mais d’optimisation fiscale », explique Boto Tsara Dia Lamina. Quoi qu’il en soit, les instruments juridiques contre la corruption et le blanchiment d’argent confirment leur insuffisance à Madagascar. Il est attendu incessamment l’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs et celle de la coopération internationale.

Andry Rialintsalama