Un bras arraché, un corps calciné, un 4×4 carbonisé ainsi qu’une église et une école publique dévastées, attendaient la gendarmerie à Andranondambo, lundi. Toutes les constructions ont été ravagées.

Apocalypse à Andrano­dambo Amboa­sary-Sud.  La guerre civile n’a rien épargné. Les séquelles d’une guerre civile qui s’est abattue sur ce village pendant deux jours, avaient de quoi hanter les éléments des forces de gendarmerie qui sécurisent la zone de conflit. Il n’y avait aucune trace de vie humaine à Andranon­dambo, lorsqu’ils y ont débarqué lundi. «On se croirait au Sud-Soudan après un violent affrontement armé», se désole le chef d’escadron Théodule Ranaivoarison, commandant du groupement de la  gendarmerie de la région Anosy.
Un calme funèbre s’est emparé du village autrefois très animé, qui a cédé sa place à un champ de ruines. « A notre arrivée, un chien errant était en train de dévorer un bras arraché d’ un corps. Dans une maison anéantie par les flammes, nous avons mis la main sur une dépouille. L’air était irrespirable », confie le commandant de groupement. Sur une voie de gisait  une Toyota tout-terrain carbonisée. Les pilleurs ont abandonné l’épave après l’avoir désossée.  Les vandales armés qui se sont déchaînés sur ce village, n’ont rien épargné sur leur passage. « Même l’école publique et l’église d’Andranondambo ont été ravagées. Les toitures en tôle ont été arrachées avec tous les mobiliers», poursuit-il. Aucune construction n’a résisté aux heurts.
Près de 2 300 réfugiés sont répertoriés dans le chef district d’Amboasary-Sud, après ce séisme qui s’est abattu sur Andranondambo, le 10 et le 11 mai.
Opération compromise
Alors que l’opération « retour des déplacés » a été lancée depuis hier, il s’avère que les dégâts occasionnés la compromettent forte­ment. Faute d’infrastructure d’accueil, la population ne sait plus à quel saint se vouer. De surcroît, des habitants d’Ambatotsivala, montrés du doigt pour avoir mis à feu et à sang Andranon­dambo, menacent  de revenir à la charge. Flairant une arrestation, ces derniers ont également évacué leur village pour se retrancher dans la forêt. «Cette chasse à l’homme a fait plus d’une vingtaine de morts. Elle ne sera pas laissée impunie. Les auteurs seront arrêtés et traduits devant la justice », lance le  chef d’escadron Théodule Ranai­voarison.
Un litige foncier est à la base du problème. En 1991, la découverte d’un gisement de saphir et de mica à Andranodambo, a suscité une ruée d’exploitants miniers. Du coup, la population qui  occupait ces terres, s’est déplacée à Ambato­tsivala, situé à 2,5 kilomètres plus loin. Depuis, des litiges fonciers, nourris par des différends pécuniaires, ont déchiré les fragiles relations entre les deux camps.
Deux membres du gouvernement sont attendus à Ambosary-Sud, ce jour. En attendant, les réfugiés sont accueillis dans des tentes dressées par le Bureau National de la Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC).