Trois avant-projets de textes électoraux ont été adoptés au conseil du gouvernement, mercredi. Des barrières constitutionnelles ont jalonnés leurs rédaction.

Incontournable. La dernière ligne droite de la réforme du cadre juridique des élections a été engagée par le conseil du gouvernement de mercredi. Lors de sa réunion hebdomadaire au palais d’État de Mahazoarivo, l’équipe de Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a adopté trois avant-projets de lois organiques.
Le texte relatif au régime général des élections et des référendums, celui relatif à l’élection du président de la République et celui concernant l’élection des députés de l’Assemblée nationale, sont les avant-projets de loi organiques ayant reçu l’aval du gouvernement. Aucune information ne filtre, pour l’heure, sur le contenu de ces lois. Il a juste été dit que la dénomination du premier texte n’avait rien à voir avec les débats actuels.
Il s’agirait de s’en tenir à l’article 5 de la Constitution qui dispose que la souveraineté du peuple s’exprime par le suffrage universel ou le référendum. Une source avisée indique, néanmoins, que des obstacles constitutionnels auraient compliqué la tâche du comité interministériel, les rédacteurs de ces textes. « Chaque fois qu’il fallait entamer l’étude du sujet devant amener des textes à valeur législative, les débats ont été enfermés par la hiérarchie des normes, donc par la  Consti­tution », a expliqué la source.
L’élaboration d’un code électoral serait un processus long et ardu. Étant donné la contrainte temps, le comité interministériel a alors opté pour l’élaboration de textes de forme législative organique, notamment. « Comme les barrières constitutionnelles sont incontournables, il a fallu s’en tenir à élaborer des textes concernant les points concernant les élections, que la Loi fondamentale renvoie directement à des lois organiques », indique la source informée.

Conciliation difficile
Selon l’article 88 de la Constitution, les règles relatives à l’élection du président de la République et celles des députés relèvent respectivement d’une loi organique. La Loi fondamentale renvoie également, à une loi organique, les modalités d’application de son article 47. « Là encore, la rédaction s’est heurtée à un problème car, il a été difficile de concilier les délais prescrits par la Constitution avec les réalités de l’organisation des élections », déclare la source.
L’article 47 de la Consti­tution prévoit, notamment, que l’élection du chef de l’État, a lieu trente jours au moins et soixante jours au plus avant l’expiration du mandat de celui en exercice. Afin de respecter les impératifs constitutionnels, les rédacteurs de l’avant-projet de loi organique relative à l’élection du président de la République, auraient alors « raccourci », tous les délais prévus dans les anciens textes électoraux.
Il en serait ainsi, par exemple, des deadlines sur la publication des résultats provisoires et la proclamation des résultats officiels. Les débats au sein du comité interministériel auraient soulevé le fait que d’autres points concernant les élections nécessitent l’élaboration de texte qui définirait les contours de leur application. Cela vaut, entre autres, pour l’article 46 de la Constitution qui prévoit la démission préalable du Président candidat et son intérim par le président du Sénat.
Dans un communiqué en avril, l’Observatoire de la vie publique (SEFAFI), avait souligné qu’« il existe un vide juridique en ce qui concerne les règles applicables à l’intérim assuré par le président du Sénat ». Questionné sur ce sujet, la source avisée indique, cependant, que « la Constitution ne prévoit aucun dispositif pour cela. Nous nous sommes tenus aux articles qui renvoient directement à l’application par des lois organiques. Notre mandat ne concernait pas non-plus la retouche de la Constitution ».
Pour certains courants, la révision de la Constitution serait la voie idoine pour combler ce vide. D’autres tendances s’y opposent farouchement, toutefois. Si l’on s’en tient au projet de loi de finances qui ne prévoit pas de budget pour le référendum, le pouvoir semble résigné à mettre au placard ses intentions de retouche de la Loi fondamentale.

Garry Fabrice Ranaivoson