Le quatorzième « Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs » s’est déroulé à Paris. Il était consacré au poète malgache Dox.

L’événement avait pour thème « les Afriques en construction ». Il a spécialement été dédié à Dox. Son unique recueil de poèmes en français « Chants capricorniens » vient d’être réédité à Paris par les éditions Sépia après avoir été épuisé pendant vingt-et-un ans. Le festival a été présidé par Thierry Sinda, poète et universitaire, auteur de l’« Anthologie des poèmes d’amour des Afriques et d’Ailleurs ». Il était placé sous le haut parrainage de  Martial Sinda, premier poète de l’Afrique Équatoriale Française en 1955 et professeur honoraire à la Sorbonne.
« Je suis très fier que notre marque de fabrique poétique, les Afriques en poésie », ait été transformée en thème national, Les Afriques. Nous l’avons passé dans notre moule néo-négritudien, et il est devenu Les Afriques en construction car les Afriques se rencontrent paradoxalement plus dans les grandes villes de France, que sur le continent africain ou dans les îles des Caraïbes ou de l’océan Indien. Or, c’est l’unité qui fait la force », confie Thierry Sinda. « Lors du dixième anniversaire du festival, j’ai transcrit nos rencontres dans un ouvrage de 624 pages, l’Anthologie des poèmes d’amour des Afriques et d’ailleurs (Orphie, 2013). Maintenant, je souhaite faire la même chose, mais individuellement, quant aux poèmes de qualité des poètes des Afriques dans la collection éponyme que j’ai l’insigne honneur de diriger aux éditions Delatour France », poursuit-il.

Poète-astronome
Pour sa quatorzième édition, « Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs », rend particulièrement hommage au poète Jean Verdi Salomon Razakandraina, plus connu sous son nom de plume Dox. Ce dernier faisait partie du mouvement littéraire malgache « Mitady ny very », à l’époque coloniale, dans les années 1930. ll a invoqué une renaissance malgache par un retour à l’origine, véhiculée par une écriture malgache.
« Depuis Andrianampoi­nimerina, le  sorabe  devient l’écriture officielle dans l’Imerina. Les astrologues de l’Imoro étaient à la fois médecins, devins et maîtres en sortilèges. Ils ont été pris en qualité de conseillers à la cour royale de l’Imerina et auprès de certains aristocrates. Ce n’est sans doute pas un hasard si Dox, qui est de lignée aristocrate imerinienne, va être fasciné par les astrologues « antemoro, dans Chants capricorniens, dès le premier poème éponyme, Dox  nous dépeint poétiquement  la lutte entre la Constellation d’étoiles zodiacales du Sagitaire qui poursuit celle du Capricorne», raconte Thierry Sinda.

Fredo Rakotoarisoa