Des parents d’élèves, paniqués face à une rumeur sur la vaccination contre la peste, sont venus en masse récupérer leurs enfants pendant l’heure des cours.

Effervescence. Des groupes de personnes paniquées ont couru un peu partout dans la rue de la ville d’Antananarivo, hier. Il s’agit des parents d’élèves qui se sont précipités pour chercher leurs enfants en classe, pendant les heures de cours. Ils ont perdu leur sang-froid suite aux rumeurs qui ont circulé sur la présence d’agents de santé, accompagnés d’éléments des forces de l’ordre, obligeant la vaccination anti-peste au niveau des établissements scolaires. « Vous cherchez à tuer mon enfant où quoi ? Des élèves auraient été déjà décédés suite à cette vaccination dans certaines écoles », a hurlé le père d’un élève du Collège d’enseignement général (CEG) à Antanimbarinandriana, le nerf à vif. Le bureau municipal de l’hygiène (BMH) d’Antananarivo, qui devrait être au courant des décès hors formation sanitaire, n’a déclaré aucun décès dans la ville d’Antananarivo, hier.

Pris de panique, des parents ont défoncé les portails de quelques établissements scolaires, comme dans l’école primaire publique d’Avaradoha, d’Ambohipo ou encore à Antanimbarinandriana. Dans d’autres écoles, on a lancé des pierres à l’encontre du personnel de l’établissement, on a sauté le rempart, on a monté sur les tables-bancs. Ces personnes ont tonné contre la décision des écoles de ne pas faire sortir les élèves, avant que l’heure de la sortie ne sonne. « Je tiens à rassurer les parents que je ne vais pas comploter avec des soi-disant vaccinateurs de peste, pour mettre en danger la vie de mes enfants. Moi aussi, j’ai deux enfants scolarisés ici », s’exprime le directeur du CEG d’Antanimbarinandriana, Lantoarisoa Ravololomanana, aux parents.

Lourdes sanctions

Cette panique s’est généralisée à Antananarivo. Les parents étaient venus en masse récupérer leurs enfants, à Ambatomaro, à Tsarahonenana, à Nanisana, à Isotry, à Lazaina-Avaradrano, à Ankaraobato, à Ampitatafika, à Anosizato, à Anosipatrana, et d’autres encore, depuis hier matin. Certaines de ces écoles avaient les tables-bancs vides dans l’après-midi, comme à Avaradoha et à Ambohipo. Les parents n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école.

Cette même rumeur a déjà secoué la scolarisation à Ambohimangakely et à Ambohimanambola, mardi. Le ministère de la Santé publique a précisé dans un communiqué, hier, qu’il n’y a pas de vaccination contre la peste, qu’il n’autorise pas cette vaccination, et que les personnes qui se présentent en tant que vaccinateurs contre la peste sont des imposteurs.

Le groupement de la gendarmerie nationale d’Analamanga et la Préfecture de police d’Antananarivo a, toutefois, affirmé l’existence de personnes malintentionnées ayant un intérêt dans ce trouble. « Nous avons déjà idée des personnes qui ont diffusé cette information dans les écoles. Elles seront lourdement sanctionnées», explique le préfet de police d’Antananarivo, le général Angelo Ravelonarivo.

Le ministre de l’Éducation nationale, Paul Rabary, affirme la poursuite des cours. Des éléments des forces de l’ordre seront mobilisés dans les écoles pour protéger les élèves contre ces charlatans, mais, surtout pour les arrêter au cas où ils continueraient leurs opérations.

Miangaly Ralitera