La santé buccodentaire des Malgaches afflige les odonto-stomatologistes. Un nouveau soin sera lancé.

Dans un très mauvais état. C’est ainsi que les odontostomatologistes qualifient l’état de la santé buccodentaire des Malgaches. « Demandez à vos collègues, combien sont déjà passés à
l’extraction des dents ou qui ont des dents délabrées. Vous allez être surpris qu’ils sont nombreux », souligne le Dr Eva Ranivoharilanto, chef de service au sein de la direction de la lutte contre les maladies non transmissibles, dans le cadre de la célébration de la semaine de la santé buccodentaire, hier. Et un odontostomatologiste de confirmer, « Souvent, il ne nous reste plus grand- chose à faire qu’extraire la dent, car elle est totalement détruite. C’est pourtant contre-indiqué».
Les dernières statistiques officielles datant de l’année 2001, révèlent que 98% de la population active sont touchées par la carie dentaire ou les parodontopathies. Et en moyenne, un adulte a
treize dents endommagées. La situation pourrait être pire, en ce moment, notamment chez les adultes. Beaucoup négligent leur hygiène dentaire.
La situation socio-économique de la population ne fait qu’aggraver les choses. « Un individu doit contrôler sa santé buccodentaire tous les deux mois, mais rares sont ceux qui respectent cette norme », explique le Dr Dieu Donné Ralaivao, président l’Union des odontostromatologies sortant de Mahajanga.

Nouveau traitement
Les caries peuvent contribuer à des maladies respiratoires et au diabète. Non traitées, elles peuvent être sources de douleurs et d’infections graves. Le ministère de la Santé publique a lancé une nouvelle méthode de soin, pour améliorer l’état de la santé buccodentaire. Il s’agit de l’ « Atraumatic Restorative Treatment » ou ART. « Le soin se fait en une seule fois, avec cette nouvelle méthode. Le patient n’a plus à revenir deux ou trois fois. Ce traitement devra inciter la population à soigner ses dents. Pour que ce traitement soit efficace, on ne doit pas attendre d’avoir des douleurs intenses ou que les gencives enflent », souligne le Dr Eva Ranivoharilanto.
Par ailleurs, l’insuffisance flagrante d’agents de santé préoccupe. On ne compte que mille deux cent cinquante chirurgiens-dentistes pour les vingt-deux millions d’habitants. Parmi eux, les deux tiers ont des cabinets privés et sont concentrés à Antana­narivo et dans les chefs-lieux de province. Le reste tient les dentisteries publiques des cent treize districts et de quelques communes de Madagascar, alors que normalement, chaque commune doit en avoir une.
Depuis quelques années, le ministère de la Santé publique a procédé au recrutement d’une trentaine d’odontostromatologistes par an, pour résoudre ce problème d’effectif. Mais cet effort semble être vain. L’insécurité et le problème d’électrification rurale découragent les concernés.

Miangaly Ralitera