Deux crimes odieux de mutilations de cadavre ont été perpétrés à Morombe. La population vit dans la peur. 

Psychose phase trois. Cela fait exactement trois semaines qu’ une partie de la population de la région de Morombe vit dans la peur. Dans le fokontany de Vorehy, commune de Basibasy, dans le district de Morombe, le corps sans vie et sans tête d’un déséquilibré mental d’une quarantaine d’années a été retrouvé dans le centre d’accueil et de prière où il réside. « La découverte macabre n’a eu lieu qu’au petit matin », raconte Tsiresy, maire de la commune de Basibasy. « La tête n’a pu être retrouvée que trois kilomètres plus loin », continue-t-il. « Le dinam-pokonolona, le comité de vigilance, est mobilisé et collabore avec les forces de l’ordre afin de retrouver le ou les auteurs de cet acte ignoble », assure l’élu. Et lui d’ajouter que les parents sont extrêmement vigilants ces derniers temps et veillent à ce que leurs enfants soient toujours accompagnés.
Cet évènement engendre des rumeurs de trafic d’organes dans la région. Par ailleurs, un jeune garçon de 14 ans, cette fois-ci, est également mort dans des circonstances atroces, à peu près à la même date. Un élément de la gendarmerie, ayant diligenté l’enquête sur terrain, accompagné de cinq de ses hommes, a pu fournir de plus amples détails. Le petit garçon habitait le fokontany de Mahavory, dans le hameau d’Andrano­manitsy, commune d’Amba­hikily.
Il avait l’habitude d’emmener paître ses chèvres à Belalanda. Sa disparition a été constatée un vendredi par la famille, il y a de cela quinze jours. Une moitié du troupeau est rentré à la maison sans lui. L’autre moitié est également rentrée, peu de temps après. Un de ses cousins, parti à sa recherche, est rentré bredouille.
Le lendemain, tout le fokonolona s’est mis à sa recherche mais sans succès. Ils ont alors requis l’aide d’un « mpimaso » (devin). Ce dernier leur a conseillé de chercher sous un pont, mais les recherches se sont révélées infructueuses. « Vous êtes trop nombreux », leur aurait alors dit le « mpimaso ». ll a demandé à seulement neuf personnes de poursuivre les recherches.

Chirurgicale
À minuit, alors que les chiens hurlaient à mort et qu’ils prenaient le chemin du retour, ces personnes du fokonolona ont fini par apercevoir un petit corps sans vie sous le pont. C’était celui du garçon. Ils découvrent avec horreur le visage dépecé du petit cadavre encore chaud. Avec la peau, ses yeux ont été également arrachés. Un grand trou sous le menton a permis d’arracher la langue. « La manière chirurgicale avec laquelle toutes ces entailles ont été faites dénote le travail d’un spécialiste », fait remarquer la personne qui s’est chargée de l’enquête. Et il ajoute que les pieds et les mains du jeune garçon ont pris une couleur bleue.
« L’absence de témoins probants - personne ne veut parler - ne permet aucune certitude », reconnaît une source auprès de la gendarmerie.
Pour l’heure, quatre personnes ont été placées sous mandat de dépôt, depuis mardi. Il s’agit d’une vendeuse de boisson chaude, l’une de ses connaissances, et de deux autres personnes venant de deux autres fokontany. Leur déferrement est prévu lundi. Certains éléments de l’enquête laissent croire que la femme aurait séquestré l’enfant chez elle avant de passer à l’acte.
La psychose s’est étendue dans les autres fokontany. Le maire d’Antani- mieva, Christian Varapo, affirme que ses administrés ne laissent plus leurs enfants aller à l’école seuls. « Certains s’enfuient même quand ils
aperçoivent de belles voitures», indique-t-il.

Rondro Ramamonjisoa