Les douaniers syndiqués annoncent la reprise de leur grève à partir de ce jour. Pourtant des discussions se sont engagées entre le ministère et les leaders syndicaux.

Ce n’était qu’un temps de répit. La trêve de 48 heures était expirée hier. Les douaniers grévistes annoncent la reprise de leur mouvement social à partir de ce jour. «La grève reprend ce jour. Toutefois, le service minimum sera toujours maintenu», a déclaré au téléphone Herizo Andrianavalona Ramana­mbola, président du syndicat des employés des douanes (Sempidou) joint au téléphone. Alors que des négociations s’enchaînent entre les leaders syndicaux et le ministère des Finances et du budget depuis lundi.
« Les discussions se poursuivent et on peut dire qu’il y a des évolutions. Nous allons voir demain si la grève aura lieu ou non. De toute façon, nous avons déjà pris les mesures nécessaires pour que l’économie nationale ne soit pas prise en otage par ce mouvement », a fait savoir une source auprès du Ministère des Finances et du budget. Mais jusqu’ici, aucun terrain d’entente n’est trouvé.
Depuis le début de la grève le 27 juin, des employés cadres de l’administration douanière ont pris le relais des grévistes dans le port de Toamasina. Pour Antaninarenina, le mot
d’ordre est de trouver la meilleure solution pour réduire l’impact de la grève sur les activités économiques. Les responsables ont interpellé les cadres A et B, c’est-à-dire, les inspecteurs et contrôleurs de douanes de rejoindre leur poste. Et depuis quelques jours, les activités d’importation et d’exportation dans les infrastructures portuaires ont repris leur cours normal.
La reprise des activités dans les bureaux des douanes était une lueur d’espoir pour les entreprises. Au lendemain de la tenue de cette grève, leurs activités étaient déjà paralysées. Ce qui a amené les douaniers à suspendre leur grève pendant 48 heures, le temps de liquider les marchandises bloquées dans le port de Toamasina, d’après les déclarations du Président du Sempidou.
Avec la reprise de ce mouvement, la situation risque d’être difficile pour les entreprises et pour l’économie nationale. « Sans activité économique, les recettes fiscales intérieures et douanières ne vont pas rentrer. Dépossédé de ressources financières, l’État ne pourra pas remplir ses fonctions régaliennes et la lutte contre la pauvreté et la croissance économique en pâtiraient », a réagi Patrick Imam, représentant résident du Fonds monétaire international sur l’impact de la grève des douaniers sur l’économie du pays.
Le 27 juin, les agents syndiqués sont entrés en grève pour une durée indéterminée après la grève d’avertissement fin mai. Ils réclament le paiement des reliquats de prime depuis 2013 dont le montant s’élève à 42 milliards d’ariary. Le mode de calcul de cette prime fait l’objet de discorde entre les autorités et les grévistes.

Lova Rafidiarisoa