Malgré l’existence de deux interdictions de sortie du territoire, Claudine Razaimamonjy a pu quitter le lit d’hôpital de la HJRA pour effectuer une angiographie cérébrale à l’île Maurice.

C’est à bord de l’aéronef immatriculé 5R-AAH que Clau­dine Razaimamonjy a quitté le sol malgache, hier à l’aube, accompagnée d’un médecin, d’un agent pénitencier et du sénateur Riana Andriamandavy VII.
L’avion de la compagnie Madagascar Transport Aérien a décollé de l’aéroport international d’Ivato à 5h40, prenant de court l’opinion et le Syndicat des magistrats de Madagascar qui signale plusieurs irrégularités dans son évacuation sanitaire.
En effet, cette évacuation est dénoncée par ces derniers, car le procureur général de la Cour d’Appel d’Antananarivo, Jacques Randrianasolo a signalé la transmission de deux mandats d’Interdiction de sortie du territoire (IST) à la Police de l’air et des frontières (PAF). Le premier porte le numéro 133/AJ/2016/11/ ST//16 CF datant du 29 novembre 2016 et la seconde date du 7 avril 2017 à la demande du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Selon le procureur, ces deux mandats d’IST sont encore en vigueur car « il n’y a pas de demande de levée formulée par la PAF, même à titre provisoire, malgré l’urgence et le caractère humanitaire de la situation ».

Retour incertain
Faut-il rappeler qu’après la décision de la Cour pénale anti-corruption (CPAC) de la mettre en détention préventive, Claudine Razaima­monjy a été admise à l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) vendredi dernier où les médecins lui ont diagnostiqué une dystonie neurovégétative. Un mal qui nécessite une angiographie cérébrale, une procédure qui utilise un colorant spécial (produit de contraste) et des rayons X pour voir comment le sang circule dans le cerveau.
Le traitement aurait nécessité une évacuation à l’étranger, d’où cette évacuation. « Depuis ce matin [ndlr : hier matin], Claudine Razaimamonjy a quitté notre établissement », a déclaré le professeur Oliva Aimée Rakoto Alson, directeur d’éta­blissement de l’hôpital HJRA.
Ce responsable de continuer « qu’une autorisation émanant du ministère de la Justice et signée par le secrétaire général du ministère de la Santé publique a permis à Claudine Razaimamonjy de sortir de l’hôpital ce jour ».
Après son audition à la chaîne pénale anti-corruption, la date de la seconde comparution reste indéterminée d’autant plus que la date de retour de ce conseiller spécial auprès de la présidence de la République reste inconnue.

Le SMM constate des vices de procédures

Suite à son communiqué du 6 avril, le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a déclaré suivre de près l’évolution de ce dossier. Ainsi, une délégation dirigée par son président Fanirisoa Ernaivo a rencontré les responsables de la HJRA pour constater le départ de Claudine Razaimamonjy dans cet établissement. Après un entretien de 2 heures et la vérification des différents documents ayant permis la sortie du conseiller auprès de la présidence de la République de cet hôpital, le syndicat a relevé plusieurs irrégularités comme le défaut de visa portant accord du Procureur Général de la Cour d’appel, du juge d’instruction et du substitut chargés du dossier, défaut des visas portant sur une contre-expertise médicale du médecin auprès du ministère de la Justice, et du médecin de l’établissement pénitencier, l’absence de communication de l’identité de l’hôpital d’évacuation. Le syndicat réclame ainsi l’ouverture d’enquêtes et de poursuites vis-à-vis de tous les auteurs, co-auteurs et complices de ces violations de la loi.

Andry Rialintsalama