Les villageois d’Ambohipeno, commune d’Andranambomaro, à Mahanoro ont mis quatre présumés cambrioleurs à mort, jeudi 30 novembre, à 9h.

Sans foi ni loi, tel est l’adage employé par les proches de quatre individus lynchés à mort par la foule, à Ambohipeno, dans le district de Mahanoro. Cette scène de vindicte populaire s’est déroulée jeudi dernier en plein jour. Ces hommes âgés de 18 à 26 ans étaient soupçonnés d’avoir opéré une casse signalée le mardi 28 novembre. « La maison d’un enseignant a été cambriolée. Les bandits se sont déjà évanouis dans la nature avant que les gendarmes n’interviennent », a relaté un membre de comité de vigilance locale.
Une enquête a été pourtant menée tambour battant. Deux jours plus tard, le fokonolona a eu des renseignements sur les noms des suspects. Les villageois ont procédé eux-mêmes à l’arrestation de ces quatre présumés bandits. « Ils les ont cueillis un à un à leur domicile. Une partie du butin raflé lors du dernier maraudage a été encore saisi sur eux », a indiqué un gendarme sur place pour l’enquête.
Amenés devant la maison récemment pillée, torturés et les mains ligotées, tous les quatre se sont inclinés mais, la cour villageoise les a laissés pour mort. D’après le rapport de la brigade de la gendarmerie de Masomeloka saisie de l’enquête, aucune arrestation relative à cette loi de la jungle n’a été encore réalisée, jusqu’à hier.

Trois cas constatés
En l’espace d’une semaine, deux cas de lynchage, dont le premier le mercredi 22 novembre à Masomeloka, ont été enregistrés dans le district de Mahanoro. Un policier impliqué dans un meurtre collectif a été aussi exécuté en octobre dans la même localité. Neuf individus ont donc trouvé la mort dans cette triple vindicte populaire, selon les statistiques de compagnie de la gendarmerie locale. Le village d’Ambohipeno, dans le fokontany d’Ambato­mitsanga où s’est déroulé le dernier coup de théâtre est enclavé. Ce qui aurait rendu difficile la maîtrise de ce quadruple supplice.
L’option pour une violence pour régler une violence est devenue courante dans le district. La population en a assez face à l’incapacité des forces de l’ordre à éradiquer l’insécurité. Une stratégie en cours correspondant à la gendarmerie communautaire tente pourtant de remédier au problème, d’après les investigations.

Hajatiana Léonard