Les inscriptions à la liste électorale avancent peu. La Ceni implique les partis politiques dans la sensibilisation et la vérification de cette liste.

Essoufflée. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) risque de rater son pari de franchir le cap des dix millions d’électeurs. À treize jours de la clôture provisoire de la liste électorale, un gap de quatre cent cinquante trois mille cent trois inscriptions est enregistré. « Le taux d’inscription actuel reste faible », a reconnu maître Hery Rakoto­manana, président de la Ceni hier, lors de sa rencontre avec les chefs de partis et personnalités politiques à Alarobia. Une situation liée à l’enclavement de certaines zones et au caractère facultatif de l’inscription sur la liste électorale, entre autres.
Ainsi, la Ceni organise, depuis hier, trois journées de concertation. L’état d’avancement de la révision annuelle de la liste électorale a été partagé avec les chefs de parti et personnalités politiques. À cause des résultats mitigés, le président de l’entité a sollicité l’implication des participants pour l’objectif d’atteindre les dix millions d’électeurs. « La révision de la liste électorale est l’affaire de tous. Votre implication dans la sensibilisation de vos partisans à s’y inscrire est une nécessité », martèle Hery Rakotomanana.

Sollicitation
La liste électorale est souvent source de litige. La Ceni profite de cette rencontre pour informer les partis politiques qu’ils sont membres de droit de la Commission locale de recensement des électeurs (CLRE). De ce fait, les partis politiques contribuent à l’observation et à l’arrêt de la liste électorale, lors de la clôture provisoire de cette dernière avec les membres de la CLRE. « Il s’agit d’une liste alphanumérique. Il vous appartient de vérifier avec la CLRE l’exactitude de cette liste », continue Hery Rakotomanana. « Il faut donc mobiliser au moins vingt mille personnes pour couvrir la Grande Île et faire la vérification. Mais comment ? », s’interroge Norbert Lala Ratsira­honana, du parti Asa vita no ifampitsarana (AVI).
Seulement, cette sollicitation de la Ceni se heurte à un petit problème. Une grande partie des formations politiques sont des géants aux pieds d’argile. Sur les centaines de partis politiques recensés au niveau du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, seules deux ou trois disposent de membres réels à la base. La plupart est limitée aux membres du bureau politique. Par ailleurs, rares sont ceux qui ont une couverture nationale. Ainsi, ils ne sont pas d’une grande aide pour réaliser l’objectif de la Ceni de franchir le cap des dix millions d’électeurs.

Andry Rialintsalama