Le 91e kidnapping depuis 2000 a visé la famille d’un grand opérateur connu également pour ses investissements dans le social. La situation est devenue chaotique.

Un coup de massue sur la tête. Le rapt d’Yanish Ismaël, fils de Danil Ismaël grand opérateur à la tête du Groupe SMTP qui emploie plus de mille cinq cent personnes, a terrassé d’abord tout le personnel du groupe et ensuite le monde économique. « C’est injuste. Je suis outré qu’on lui fasse cela mais surtout qu’on ne fait rien pour éradiquer ce fléau et protéger les investisseurs », déplore un de ses proches collaborateurs.
Tour à tour les patrons des grandes sociétés sont la cible des ravisseurs. Naza Electronic, Ocean Trade, Caromad, Henri Fraise, Avitech, Conforama, Eureka, Eden et maintenant SMTP ont connu les affres d’un kidnapping. Ils ont été libérés après plusieurs jours de détention et d’angoisse moyennant le paiement d’une rançon, d’habitude assez importante. Les enfants en sortent traumatisés à vie, alors que certains adultes ont subi des tortures. Pire, le jeune Alek n’a jamais été retrouvé. Et cela continue malgré les appels à répétition du Collectifs des Français d’origine indienne, principale cible des ravisseurs. « L’heure est grave. Notre colère est indicible et inexprimable face à la gravité de la situation. Le sentiment d’insécurité est d’autant plus accablant que ces actes barbares restent impunis », devait déplorer le CFOIM dans un communiqué.

Hémorragie grave
Eh oui, pas plus tard que la semaine passée, la police a arrêté une dizaine de soi-disant kidnappeurs du jeune Firoze enlevé à Ambohi­bao, mais visiblement cela n’est d’aucune importance. « La sécurité doit être garantie pour tous sans considération de nationalité ni de race », souligne un autre collaborateur de Danil Ismaël, dépité.
À la longue, les investisseurs finiront par quitter le pays les uns après les autres si ce n’est déjà le cas. Beaucoup ont préféré aller vivre sous d’autres cieux tout en confiant leurs affaires à des hommes de confiance. L’hémorragie risque de s’aggraver sans une réelle volonté de mettre fin au mal devenu un véritable commerce pour leurs auteurs.
C’est d’autant plus rageant que l’Union européenne vient de tenir sa traditionnelle table ronde au Carlton avec au menu le climat des affaires. Malheu­reusement il était plutôt question de mesures fiscales et douanières et non de sécurité des investisseurs et des investissements. Et hier a la Primature, l’OMC s’est réuni pour parler de vol de vanille, les kidnappings étaient occultés.
Si un investisseur comme Danil Ismaël décide lui aussi d’abandonner, on n’imagine pas les préjudices que cela peut causer. Déjà, on craint fort qu’il laisse tomber les 30 millions de dollars d’investissement qu’il avait annoncés a la conférence des bailleurs à Paris en décembre. On le comprend.

Un grand humaniste

« C’est un karana pas comme les autres. Il est exceptionnel. Tous les investissements qu’il fait sont accompagnés d’un projet social. Et si on lui présente un projet sans un côté social, c’est tout de suite rejeté ». C’est témoignage d’un proche collaborateur de Danil Ismaël, un grand humaniste outre ses qualités d’opérateur. Depuis plusieurs années, il est le principal mécène des Médecins de l’océan Indien qui effectue des tournées dans plusieurs localités de Madagascar dont récemment à Moramanga où les soins sont gratuits. Danil Ismaël construit, réhabilite ou équipe centres de santé ou hôpitaux des enfants un peu partout dans l’île.

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