Dans un esprit de convivialité propre à cette personnalité émérite qu’est Paul Bert Rahasimanana dit Rossy,, « Grill-Ady » a enchanté le public du Kianjan’ny Kanto à Mahamasina dans la soirée du vendredi.

Comme une modeste démonstration de force, de témérité et de courage. C’est ainsi que se décrit les retrouvailles entre Rossy et le public, ce week-end. Le temps d’une soirée festive et chaleureuse tout à son image. Le chanteur que beaucoup reconnaissent et apprécient pour le folklore et la convivialité qui émanent de ses compositions, a tenu à fédérer les noctambules de la ville des Mille vendredi, pour un cabaret inédit. Fort d’une identité artistique auquel se conjugue un caractère bien trempé qui a longtemps forgé son charisme depuis plusieurs décennies, Rossy, en digne maître des lieux, a enflammé la scène du Kianjan’ny Kanto à Mahamasina. L’artiste et son armée de musiciens ont proposé un cabaret inédit et exclusif, sobrement intitulé « Grill-Ady ». Faisant écho à l’incendie qui s’est produit la semaine dernière, dans cet antre de la fête qu’il a bâti de ses mains, réduisant en cendres la majorité de son matériel, « Grill-Ady », comme il l’indique, se traduit comme une renaissance de Rossy et de son groupe.

« C’est bien connu que, lorsqu’on tombe, le mieux à faire est de s’en remettre vite, de se relever et de le faire avec panache. Car s’il y a bien une chose que j’ai appris tout au long de ma carrière, c’est qu’il ne faut jamais se laisser abattre. Ce soir, je tiens ainsi à rendre hommage à tous ceux qui m’ont soutenu, ceux qui sont là avec moi, à mes proches, mes camarades et surtout mes fans qui, au fil des années, sont tous devenus ma famille », confie Rossy sur scène, les larmes aux yeux, avant d’entamer la fête, tambour battant. Sans faire dans la démesure, fidèle à lui-même, l’artiste et son équipe ont ainsi réaménagé les lieux après cet incident. Si l’entrée du côté du Stade couvert de Mahamasina est désormais fermée, ils ont agrandi le chapiteau laissant plus de place aux chorégraphies improvisées avec les spectateurs. Face à la scène, Rossy a convié un public d’inconditionnels, mais surtout d’amis à le rejoindre le temps de ce « Grill-Ady ». Artistes, journalistes, personnalités diverses et mélomanes lambda de tous horizons, tous se sont plu à se laisser aisément embarquer par la valse enivrante du « Tapôlaka gilady » de Rossy.

L'ami breton et sa cornemuse

L’ami breton et sa cornemuse

Solidaire

Dans la programmation culturelle du Kianjan’ny Kanto, les fameuses soirées feu de camp priment toujours sur le reste. « Grill-Ady » n’a pas fait exception à la règle puisque c’est tout feu tout flamme que Rossy a enchainé ses compositions dès 20 heures, vendredi. « Ce soir plus qu’avant, nous allons festoyer comme jamais. Ce soir, nous allons surtout célébrer cette fraternité et cette solidarité intarissables qui nous unissent », scande-t-il sur scène, armé de son accordéon fétiche. Contrairement à ses concerts habituels, l’évènement a été particulier, puisqu’il n’a pas eu de fil conducteur à proprement parler.

Le temps d’une soirée, Rossy a tout simplement tenu à évacuer ce stress qui le ronge avec, à ses côtés, sa famille, ses musiciens et le public. Et comme à l’accoutumée, il a surpris toujours autant. Entre quelques sobres effets pyrotechniques au détour d’une ou deux chansons, il a tenu à inviter quelques-uns de ses camarades sur scène. Entre autres, un ami breton qui l’a accompagné sur scène avec sa cornemuse le temps d’un instant. De même que Ry Kala Vazo qui ont repris avec lui « Namana » de Tsiakoraka, celle de Zopanage également. « Ikalasoa », « Mbola ho avy » ou encore « Bal kabôsy », autant de ses compositions ont longtemps fait danser les noctambules du Kianjan’ny Kanto, cet antre de Rossy qui renait vite de ses cendres.

Andry Patrick Rakotondrazaka