Les magistrats trainent les pieds pour intégrer le Pole anti-corruption (PAC). Le comité de recrutement a diffusé une troisième relance, faute de candidats.

Accouchement difficile. La mise en place du premier Pole anti-corruption (PAC) d’Anta­nanarivo piétine. Elle est annoncée être opérationnelle au plus tard le 4 décembre, mais les magistrats qui devraient composer cette structure ne sont pas encore connus. L’appel à candidature au PAC intéresse peu de magistrats. Diffusée  en avril, puis en juin, une troisième relance a été adressée aux magistrats « en raison du faible nombre de candidats conformes aux conditions requises », selon l’annonce du comité de recrutement  dans le site web du ministère de la Justice.
Les précédentes annonces s’adressaient aux magistrats ayant  au moins seize années d’expérience. Ayant l’obligation de proposer trois noms pour chaque poste, le comité doit ainsi proposer une liste de soixante personnes  au Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Toutefois, il n’y a pas eu assez de candidats pour certains postes malgré les deux relances. « Certains critères, notamment le nombre d’années d’expériences, ont  été revus à la baisse pour encourager les candidatures », explique Jean Louis Andria­mifidy, directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco).
Le comité en charge du recrutement des membres du PAC est constitué par le Bianco, le Service des renseignements financiers (Samifin), le Conseil supérieur de l’intégrité ainsi que le ministère de la Justice.

Urgence
En addition avec les dossiers déposés durant les deux premières annonces, le comité en charge de la mise en place du PAC dispose de quinze jours depuis hier pour proposer au Conseil supérieur de la magistrature (CSM)  les trois noms pour chaque poste. « Il nous faut environ quinze jours pour traiter les dossiers reçus. Ainsi, il n’est pas possible de respecter l’échéance du 4 décembre », continue le DG  du Bianco.
En tant que responsable de la gestion des carrières des magistrats, il appartient au CSM de nommer, en session, le candidat idoine pour chaque poste. Toutefois, la dernière session du CSM s’est tenue à la fin du mois d’octobre. Normalement, il faut attendre la prochaine session, c’est-à-dire la dernière semaine de décembre pour que ce conseil puisse nommer les magistrats membres du PAC. Toutefois, en raison du caractère urgent, « le ministre de la Justice a donné son accord pour organiser une session extraordinaire », poursuit Jean Louis Andria­mifidy.
Maillon important dans la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC), le PAC fait également partie des conditionnalités du Fonds monétaire international. Point soulevé régulièrement pendant les évaluations de cette institution de Bretton-Woods,
l’État s’est engagé à le mettre en place. « Sauf incident majeur, le PAC devra-être opérationnel avant la fin de l’année », conclut Jean Louis Andriamifidy.

Andry Rialintsalama