La nouvelle équipe de la Jirama jubile . Elle annonce la fin imminente du délestage et la production excédentaire de l’énergie pour Antananarivo.

La Jirama annonce la fin imminente du délestage. D’après le communiqué de la compagnie, « le problème des coupures d’électricité liées au déficit énergétique a été résolu ». À en croire ses déclarations, la condition météorologique, ces derniers temps, a joué en sa faveur. Ce qui lui a permis de faire fonctionner à nouveau les centrales hydroélectriques et de produire autant d’énergie que le réseau interconnecté d’Anta­nananarivo en a besoin.
« Durant les prochaines semaines selon la direction générale de la météorologie, la zone Est de Madagascar bénéficiera d’une bonne pluviométrie. C’est de cette zone que dépend l’alimentation énergétique du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Pour rappel, lors des pics, la consommation du RIA est d’environ 210 mW. La production actuelle est de 246 mW. L’approvision­nement est excédentaire », a indiqué la Jirama dans ce communiqué.

Réhabilitations
À part les centrales thermiques, six centrales hydrauliques assurent l’alimentation en électricité de ce réseau interconnecté d’Antanana­rivo, d’après un document de l’Office de régulation de l’électricité (ORE). Le principal fournisseur d’énergie est sans doute la centrale d’Andekaleka avec une capacité de production de 91 mégawatts. Pour Mandraka, elle est capable de produire jusqu’à 24 mégawatts d’énergie. Les quatre autres centrales hydrauliques sont Antelomita (8 mégawatts), Tsiazompaniry (5.2 mégawatts), Manandona (2 mégawatts) et Sahanivotry (15 mégawatts).
La production totale de ces centrales hydrauliques est pourtant loin des 246 mégawatts annoncés par le communiqué de la Jirama. L’on s’interroge si ces centrales ont connu des réhabilitations pour améliorer leurs productions en énergie afin d’atteindre ce pic. Les différents communiqués de la compagnie jubilent pourtant dans ce sens. « Les pluies qui ont été abondantes ces derniers temps ont permis aux centrales hydroélectriques d’Andekaleka et de Mandraka de fonctionner de manière optimale. Les prévisions météorologiques sont optimistes », soutient toujours la Jirama dans ce communiqué.
Ce qui laisse encore croire à l’utilisation des centrales thermiques pour combler le gap de production. Mais l’actuelle situation financière de la Jirama permet-t-elle aux dirigeants de la société de payer ses fournisseurs de carburant  Alors que des sources auprès du gouvernement annonce qu’il ne lui restait presque plus rien sur les 250 milliards ariary de subvention pour cette année 2017. À moins que le gouvernement a exaucé les vœux des anciens dirigeants de la Jirama de tripler cette subvention, surtout après les récents mouvements anti-délestage.

Des nominations « satisfaisantes »

Du côté des partenaires techniques et financiers, la nomination de la nouvelle équipe dirigeante de la Jirama a été plutôt bien accueillie. « Nous y voyons la volonté des autorités de vouloir faire avancer les choses et d’accélérer les réformes prévues notamment en matière de gouvernance », a déclaré Patrick Imam, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar. Celui-ci estime que « vu la situation financière dans laquelle se trouve la société à l’heure actuelle, et vu les impacts de son mauvais fonctionnement, les autorités ont pris les décisions importantes qui s’imposaient ».
Le représentant du FMI regrette néanmoins que cette nomination ait mis autant de temps à intervenir. « C’est dommage que le changement ne se soit matérialisé que maintenant », confie-t-il. « S’il avait eu lieu plus tôt, la société aurait sans doute été en meilleure position pour faire face au problème actuel », poursuit-il encore. Il se veut malgré tout « confiant » surtout que, à l’entendre, « la nouvelle équipe affiche un dynamisme à vouloir apporter des solutions pérennes aux divers maux de la société ».

Lova Rafidiarisoa