Les corps ensanglantés d’un Chinois et de son épouse ont été retrouvés dans
un hôtel à Ivato. Les victimes ont été enlevées avec leur 4×4 il y a quelques jours.

Un double crime a été constaté dans un hôtel à Ivato hier. Les corps tailladés à l’arme blanche d’un couple de Chinois, âgés d’une quarantaine d’années ont été découverts tôt le matin dans une villa qui a été louée pour quelques jours.
Les informations parvenues aux forces de l’ordre, lorsque la disparition des victimes a été signalée en début de semaine, indiquent qu’elles ont été kidnappées et que les ravisseurs ont emmené leur 4×4.
Les signalements du véhicule tout-terrain  ont été  communiqués aux éléments opérationnels des forces de police et de la gendarmerie, qui ont lancé des recherches depuis mercredi. De source sécuritaire, la police criminelle est saisie de l’affaire, depuis que le rapt a été commis. Les enquêteurs avaient déjà diligenté une investigation.
Un Chinois est soupçonné être impliqué dans ce rapt aggravé de meurtre. Celui-ci est identifié comme étant le client ayant réservé la villa, théâtre de la découverte macabre. Le suspect s’est acquitté d’un frais de séjour s’élevant à près de trois millions d’ariary. Le Chinois en question semble avoir réussi à dérouter les procédures d’enregistrement. Son identification ne serait pas tâche aisée pour les enquêteurs.

Représailles meurtrières
Dans la nuit de jeudi à vendredi aux alentours de minuit, avant que le meurtre ne soit constaté, un véhicule suspect est entré dans l’enceinte, témoigne un préposé à la surveillance de l’hôtel. Il relève que la même voiture a été aperçue sur place le lendemain aux petites heures.
Les défunts ont été tués avec barbarie. De nombreuses blessures faites à coups de sabre sont relevées sur la tête de la quadragénaire alors que son mari a été égorgé.
Les enquêteurs de la brigade criminelle ont été les premiers à s’être dépêchés sur les lieux du crime. Leurs collègues auprès de la police scientifique et technique se sont également rendus sur place pour essayer de retrou­ver des indices et faire des prélèvements d’empreintes.
Par ailleurs,  des sources auprès de la brigade territoriale de la gendarmerie à Talatamaty, ainsi que des postes avancés de Mandro­soa Ivato et d’Ambohibao affirment que le meurtre ne leur aurait pas été signalé et que c’est la police qui en est saisie. La thèse selon laquelle ce double meurtre serait un signe de représailles des ravisseurs qui se sentent traqués ou surveillés est privilégiée.
Les dépouilles sont gardées à la morgue de l’hôpital d’Ampefiloha. Des autopsies devaient être pratiquées hier. La famille des victimes n’ont pas encore fait la levée des corps.

Andry Manase