Dans une atmosphère enivrante qui embarque aisément le public pour un voyage musical inédit, le chanteur Mafonja, de son vrai nom Onja Andria­miarana et son groupe, ont ébloui leur auditoire dans la soirée du vendredi, sur la scène de l’Is’Art Galerie Ampasanimalo. Malgré la fraicheur de la nuit, cet artiste chaleureux, dégageant une gaieté qui lui est propre, s’est redécouvert le temps de ce concert nocturne. Illustrant un mode de vie bien particulier, tel un hippie des temps modernes, Mafonja, armé de sa guitare, se présente au public, en toute sobriété ou presque. Le chanteur, entrant en scène, semblait déjà impatient de réjouir les mélomanes qui ont répondu massivement présents à son invitation.
Chantant les vertus de la nature, du « Voajanahary », Mafonja étourdit d’entrée le public à l’approche de l’Is’art Galerie pour mieux le mettre dans l’ambiance. Intitulé « Ho an’i Gasikara », le concert séduit également par son répertoire. Majoritairement issues de son premier album « Gasikara », ses compositions sont toutes représentatives de sa personnalité. Éclectique et passionné, Mafonja loue l’amour, la fraternité et la persévérance pour toutes les générations. « Une musique qui vient du cœur, à travers laquelle j’exor
cise mes pensées et mes émotions. Une musique fraternelle et rassembleuse pour la paix et l’épanouissement de notre âme intérieure. C’est ce que l’on va partager avec vous », affirme ce chanteur d’Antsirabe. De « Tsara voa » à travers laquelle il scande le respect de l’environnement, à « Drako » où il affiche la tolérance entre deux êtres qui s’aiment, en passant par « Mamay » dans laquelle il pointe du doigt les méandres de la société, ainsi que « Angivy » qui loue une passion intarissable pour la gent féminine, cette musique est percutante.
Durant deux heures, Mafonja jongle entre son caractère revendicateur et romantique où les rythmiques du jazz, du hip hop, de la musique du terroir et du reggae se conjuguent. Originaire de la région Vakinakaratra où il a forgé son expérience musicale vers le début des années 2000, Mafonja poursuit son propre chemin dans le milieu artistique et entend marquer cette année, de sa créativité. Auteur et compositeur, il s’est surtout fait remarquer en 2002 avec le groupe Unik, avant d’entamer, à partir de 2004, sa carrière solo, suite notamment à sa rencontre avec l’exceptionnel Silo. Le titre « Âme, peace, fanahy » confirme sa renaissance et décrit un renouveau dans son parcours musical. Le reste de son histoire, ses inconditionnels la connaissent, car Mafonja chante surtout son ressenti et son vécu.

A. P.R.