On le connait parfaitement. Mais le public noctambule de l’Is’Art Galerie à Ampasanimalo n’en espérait sans doute pas autant de Silo et de son « El3ktradam », vendredi, soir.

Au départ, cela devait être une soirée magnifique  du vendredi comme une autre, durant laquelle l’Is’Art Galerie d’ Ampasanimalo accueille un talentueux artiste sur sa scène. Mais c’est bien connu de tous, Silo Andrianandraina n’est pas un artiste comme les autres. D’autant que chacun de ses passages sur scène s’affirme comme mémorable pour ses fan, de surcroit quand il y expose l’un de ses projets inédits. C’est ainsi que « El3ktradam » s’est redécouvert aux mélomanes de la ville des Mille ce week-end. Ce groupe atypique conjuguant tradition et modernité à travers sa musique, s’est notamment présenté en avant-première, lors du festival international Madajazzcar l’année passée.

Porté par Silo à la synthé électro et Cedrick Ratovoarison à la batterie, le groupe ne s’est alors fait connaitre du public qu’à travers quelques extraits inédits. De quoi, d’ores et déjà, susciter l’impatience des fans de Silo et le rendez-vous de vendredi a été l’occasion pour le duo d’apparaitre dans toute son intégralité. Enivrant de bout en bout, « El3ktradam » embarque son auditoire dans une épopée musicale unique dès les premières notes. Prenant l’aspect d’un « Set dancing », le groupe que ses inconditionnels apprécient déjà à travers ses morceaux, tels « You and I » et « Efa anao », ne tarde pas à faire grimper en crescendo la température à Ampasanimalo.

Emporté par l'ambiance électrique Rolf (à dr.) est, lui aussi, monté sur scène

Emporté par l’ambiance électrique Rolf (à dr.) est, lui aussi, monté sur scène

Fort d’une identité qui lui est propre, le groupe apporte un bon bol d’air frais, tel un ovni dans le milieu musical. À l’image de Silo lui-même, « El3ktradam » séduit et enivre littéralement le public de ses mélodies. Dès 20 heures, la première partie du concert a débuté à l’Is’Art Galerie où une mise en scène aux jeux de lumières quasi kaléidoscopiques ont hypnotisé le public. « Adalelà », « Samy mandeha, samy mitady » ou encore « Ny ory tsy havan’ny manana », les morceaux inédits se sont enchainés pour un auditoire envouté par le groupe.

Charismatique, celui-ci affiche une sonorité dite « Ethnique et électrique », galvanisant les mélomanes par sa musique où les frontières entre tradition et modernité se rencontrent. À travers les nouvelles compositions portées par le groupe, on se laisse facilement surprendre, au fur et à mesure que les notes fusent sur scène. D’ailleurs, de « Simple Defiance of Fancy » ou SDF à son fameux « Power Trio », la surprise est sans doute devenue le mot d’ordre de Silo et inspire principalement sa créativité.

Un bœuf magistral

La deuxième partie du concert a été également, et sans aucun doute, la plus surprenante. Un savant melting-pot musical a pris forme sur la scène pour l’occasion. Il était alors 22 heures quand, dans la froideur de la nuit, le public de l’Is’Art Galerie s’est laissé soudainement enflammer par la continuité de  la soirée. Il était d’ores et déjà impatient de passer à cette deuxième partie quand Silo et Cedrick Ratovoarison ont retrouvé leur instrument de prédilection après une courte pause. Une écharpe sur la tête, avide d’illuminer de nouveau la scène, Silo a rempilé pour le plus grand plaisir de ses fans. Pareil, Cedrick a ébahi le public par sa maîtrise de la batterie, plus dynamique et énergique que jamais.

Puis les surprises n’ont cessé de se succéder car, comme si cela ne suffisait pas, un jeune artiste les a rejoints sur scène, en la personne de Renindry ou Remanindry Junior. Armé d’un « Lokanga » ou violon traditionnel, typique du Sud, ce dernier a tout simplement mis le feu à la scène aux côtés de Silo et Cedrick. Laissant la part belle à des compositions instrumentales, à eux trois ils ont emporté et exalté le public. Si Renindry a apporté une saveur musicale traditionnelle où le « Beko » s’’est, entre autres, fait entre entendre, Silo nous a délectés d’une sonorité électro à l’instar des Daft Punk, tandis que Cedrick, sur sa batterie, a relié le tout d’un enchainement rock’n’roll. Au bas de la scène, le bassiste Rolf est entré en transe face à un tel spectacle, il a ramené sa guitare basse et s’est installé alors aisément sur scène. Le public est ainsi devenu euphorique quand le blues et le funk de Rolf se sont conjugués aux mélodies du reste de la bande. Un moment unique que le public a hâte de revivre, tant la soirée avec « El3ktradam » est sensationnel.

Andry Patrick Rakotondrazaka