Inquiétant, l’état de la route entre Antananarivo et Toamasina laisse à désirer. Les utilisateurs commencent à se plaindre.

Bien qu’indispensable, la route nationale numéro deux (RN2), reliant la capitale à la côte Est, se trouve pourtant, en ce moment, en piteux état. Nombreux sont les automobilistes qui évitent d’emprunter cet axe, si la motivation reste le simple plaisir de voyager. « Si nous avions eu d’autres choix, nous aurions volontairement pris une autre voie », souligne un transporteur régional. Celui-ci explique que, il y a tout juste quelques mois, il pouvait mettre une heure et demie ou deux heures au maximum pour un voyage d’Antananarivo à Mora­manga. À présent, le trajet nécessite au moins trois heures de temps.
Les nids de poules se font ressentir dès le point kilométrique seize d’Ambo­hi­malaza et n’en finissent plus jusqu’à ce que les automobilistes arrivent à destination. Entre les 370 km séparant Toamasina de la capitale, il est rare de trouver des kilomètres de bitume qui ne soient endommagés. Le confort de conduite se retrouve ainsi diminué, les risques d’accident s’accroissent à mesure que la nationale sombre dans la déchéance.

Délabrement
De toutes les principales artères nationales, la RN2 serait celle qui contribue le plus au bon fonctionnement de la vie économique du pays. Toutes les marchandises arrivant du grand port transitent par ses kilomè­tres pour arriver dans la capitale. « Les entretiens se font rares, pour ne pas dire inexistants, sur cet axe très fréquenté. Pourquoi tarde-t-on à s’y mettre ? Or, dans d’autres régions du pays, des travaux se font à longueur d’année », déplore un transporteur.
Un constat qui se confirme à l’instar de la rénovation d’une grande partie de la RN7. En effet, une portion de route qui a torturé plus d’un automobiliste autrefois, entre Ambohi­mahasoa et Fianarantsoa, est à présent entièrement rénovée et bétonnée. Le délabrement de la RN2 n’a de réelle conséquence que sur les opérateurs qui l’utilisent quotidiennement. Mise à part un financement d’une quinzaine de millions d’euros pris en charge par l’Union européenne en 2013 pour la réhabilitation des dégâts cycloniques des années précédentes, plus aucun gros travail ne fut entrepris pour entretenir cet axe. Quid du Fonds d’Entre­tien Routier et autre taxation imposée aux transporteurs en vue d’entretenir les routes nationales ?

Harilalaina Rakotobe