Prête à fonctionner depuis l’année dernière, la raffinerie d’huile Bidco Madagascar reste fermée par le gouvernement.

Un gâchis. Alors que les travaux de construction de la raffinerie d’huile Bidco Madagascar située sur la Rn 4 à 18 km de la ville de Mahajanga ont été entièrement terminés depuis l’année dernière, l’usine reste, pour le moment, improductive. Pire, après avoir fonctionné pendant deux mois pour un essai technique, le ministre de l’industrie a demandé sa fermeture pour une raison qui échappe aux promoteurs du projet. Des vérifications pour détecter d’éventuelles fuites ont été effectuées. Bidco Madagascar a fait venir des techniciens de haut niveau pour les installations et montages des cuves.
Une décision controversée qui crée une incompréhension au sein du personnel de l’usine. « C’est malheureux. Cela fait un an que l’usine est prête à produire mais les dirigeants ont décidé de la fermer pour des raisons que nous ignorons », déplore un employé désemparé. Le feu vert du gouvernement est ardemment attendu. Pourtant l’usine a respecté toutes les procédures exigées. « C’est un investissement totalement privé à hauteur de 10 millions de dollars. Avant l’engagement dans ce projet, plusieurs étapes de négociations administratives ont été effectuées. La société a respecté toutes les recommandations techniques, sociales, et environnementales avant de procéder aux travaux d’aménagement. Il ne devrait plus y avoir de problème », précise le même interlocuteur.

Perspectives d’exportation
Le projet devrait profiter à la région d’abord et ensuite à tout le pays qui ne dispose plus d’aucune huilerie depuis 2009.
« Des le début du chantier en janvier 2014, la main d’œuvre locale représente 95 % de l’ensemble. Et quand Bidco Madagascar débutera sa production, elle embauchera deux cents salariés et huit cents employés non permanents », souligne toujours l’employé. En outre, la construction a nécessité la création de 18 km de ligne de haute tension sur la RN4 qui pourraient profiter aux riverains.
Présent à la conférence des bailleurs à Paris en décembre 2016, Bidco a annoncé, pour ses projets un investissement de 50 millions de dollars à Madagascar. La proximité du port et de l’administration douanière est un atout important pour l’usine dans les perspectives d’exportation plus tard.
La population mise ainsi sur l’ouverture de Bidco Madagascar, l’une des rares usines après la disparition de grandes unités industrielles comme la Sotema ou la cimenterie Amboanio pour réduire le chômage et développer la ville et la région. La balle est dans le camp du gouvernement qui délivre le fameux permis d’exploitation.

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