Une toute autre histoire. Face aux allégations du Syndicat des magistrats de Madagascar qui l’a accusé d’avoir exercé une pression sur le Procureur pour faire libérer un maire mis sous mandat de dépôt, le sénateur élu d’Ampanihy, Samson Goulzar Andrianjaka a tenu à apporter sa version des faits. C’était hier, lors d’une conférence de presse à l’hôtel le Grand Mellis. Le parlementaire nie toute pression faite pour la libération du maire d’Androka, Benoit Manjarimana, et au contraire, parle d’un abus perpétré par un juge.
D’après sa version, le maire a été emmené de force par un juge et trois policiers, alors qu’il sortait d’une réunion avec le député, le chef de district, des maires des communes avoisinantes et le sénateur lui-même. Des faits qui se sont déroulés au centre ville donc vus par les habitants d’Ampanihy. Des agissements que déplore le sénateur qui est donc allé personnellement parler au juge d’instruction en lui expliquant qu’« il y a quand même un minimum à respecter compte tenu du fait que le maire a été interpellé devant ses confrères et les autorités ». Mais d’après le sénateur, le juge n’a rien voulu savoir et a tenu à placer le maire sous mandat de dépôt.
Dans un esprit de solidarité, les maires ont ainsi décidé d’aller devant la prison d’Ampanihy, puis devant le tribunal. « Nous sommes restés plus d’une heure pour attendre le juge et le maire quand nous avons appris qu’ils étaient déjà au tribunal. Nous y sommes allés et nous sommes restés dehors », a précisé le parlementaire avant d’ajouter : « Quand le juge est sorti avec le maire, il l’a ramené personnellement à la prison d’Ampanihy avec sa propre voiture ».
Le sénateur Samson Goulzar Andrianjaka a, de son côté, exposé les faits au Procureur qui lui a conseillé de rédiger une demande de mise en liberté provisoire.
« Nous n’intervenons pas dans la décision de la justice », a soutenu le sénateur Andrianjaka avant de déclarer que « S’il y avait réellement eu pression, cela aurait pu se produire entre eux. J’ai demandé la libération du maire d’Androka d’une manière pacifique ». Toujours d’après lui, ce juge n’en est pas à sa première « bavure ». « Deux semaines auparavant, le même scénario s’est produit d’autres maires », a-t-il affirmé.
Joint au téléphone, le vice président du Syndicat de Magistrats de Madagascar, Clément Jaona, a affirmé que « le juge d’instruction en question a été menacé par le maire quand celui-ci a été libéré ». Dans sa version des faits: « C’est ce juge qui a eu la pression du sénateur. Il a quitté la ville à cause des menaces du maire ». Le vice président du SMM s’est abstenu de prononcer le nom du juge d’instruction en question. Pour sa part, le maire d’Androka n’a pas pu être joint.
L’incident survenu à Ampanihy a soulevé diverses réactions venant des entités concernées allant du mécontentement du SMM, en passant par le démenti du sénateur Andrianjaka et les incohérences des déroulements des faits à Ampa­nihy.
Loïc Raveloson