Le Plan directeur d’urbanisme de l’agglomération d’Antananarivo a expiré en décembre 2015. Sans une nouvelle planification, les dirigeants leurrent sur le développement.

Vers l’aboutissement d’un plan stratégique. L’effondre­ment des rues pavées, les glissements de terrain, les embouteillages caractérisent les conséquences de la non application du Plan directeur d’urbanisme (PUDi) révisé, datant de 2004. Les faits sont là.
D’après Gérard Andria­manohisoa, Directeur général de l’Aménagement du territoire et de l’équipement, plusieurs circonstances engen­drent ces failles. « Plusieurs questions restent sans réponses car si nous prenons le cas des nouveaux permis de construire, leur nombre est inférieur à ceux qui sont en situation de régularisation. Ceci justifie l’exploitation massive des zones non constructibles, sans oublier les dérogations qui approuvent les extensions mais qui minent l’urbanisme. Le renouvellement consiste ainsi à prendre des mesures de sauvegarde », explique-t-il. C’était lors de la réunion des parties prenantes impliquées dans le projet Antana­narivo-Toamasina, Mada­ga- sikara (TaTOM), hier à la Gare de Soarano.
Depuis le lancement en février, un comité a déjà pu mener des enquêtes au niveau des districts d’Ambo­hidratrimo, d’Avaradrano et d’Atsimondrano. Compte tenu de l’envergure des communes concernées, trente-sept au total, le secteur public, celui privé, les sociétés civiles et les partenaires techniques et financiers ont accordé une période de deux ans pour ficeler le projet et présenter le PUDi révisé.

Étude
Ce dernier est destiné au développement de l’axe économique pour les agglomérations d’Antananarivo et de Toamasina. Il s’agit d’un plan de développement du transport et d’aménagement entre les deux villes ainsi qu’un mécanisme de coordination, de suivi et de gestion de la mise en œuvre des plans élaborés.
La planification pour les deux villes requiert une étude minutieuse des pôles de développement. Pour le cas de Toamasina, Ayumi Taka­hashi, représentante de la JICA à Madagascar, indique que le projet TaTOM, purement national, engage un développement dynamique, inclusif et citoyen. « L’accord signé en mars débloque la somme de 45 milliards de yens pour les travaux à la Société du port à gestion autonome de Toamasina (SPAT). Donc, le projet n’est destiné ni aux étrangers ni aux Japonais », fait-elle remarquer.
Concernant l’agglomération d’Antananarivo, le Directeur général encourage l’examen du pôle de développement des zones périphériques. « Même les commu­nes ignorent ce qu’est un plan de voirie. La ville d’Antananarivo est planifiée à 27% en quartiers administratif, industriel et résidentiel. Les 67 hectares deviennent des bidonvilles tandis que les zones en dehors de la Commune urbaine d’Antananarivo évoluent en dortoir. Cette dernière gère, de ce fait, trois millions d’habitants au quotidien, du fait que les résidents des périphéries travaillent en ville au cours de la journée », rapporte-t-il. Le PUDi révisé accompagnera les autorités à cerner le développement de leurs collectivités face à la croissance démographique qui double tous les ans.

Farah Raharijaona