Le plan d’affaires de la Jirama ne prévoit aucune privatisation de la société. La direction générale rassure ses employés.

Catégorique. Les dirigeants actuels de la Jirama écartent l’idée d’une privatisation de la société. Des syndicalistes de la société véhiculent actuellement cette idée pour rameuter ses troupes à préparer une grève.
« La Jirama n’est pas à privatiser », a affirmé Olivier Jaomiary, directeur général de la compagnie nationale de distribution d’eau et d’électricité, joint au téléphone. Bien que la situation financière de la société reste très délicate, elle demeure, toutefois, une société d’État à part entière. Le redressement de la société se poursuit pour qu’elle puisse bénéficier d’une trésorerie saine.
La société dispose d’un plan d’affaires bien clair et validé par le conseil d’administration, au mois de juin. Le document devrait permettre à la Jirama de sortir la tête hors de l’eau. Il prévoit un équilibre opérationnel en 2020 et un soutien sans faille des bailleurs de fonds traditionnels.
« Nous avons intérêt à accélérer ce redressement. Le plan d’affaires convenu avec les bailleurs prévoit la sortie de la dépendance aux subventions étatiques après 2020 », explique le DG de la Jirama.

Compétitif
Ce business plan permet à la Jirama de rester dans l’arène devant la concurrence qui pointe déjà son nez avec l’adoption du code d’électricité. Le fait d’être une société d’État ne devrait pas disqualifier la Jirama dans cette course. À en croire la déclaration d’Olivier Jaomiary, son équipe reste très sereine. Il s’est étonné des attitudes de certains syndicalistes.
« La nouvelle loi sur l’éner­gie libéralise la production, le transport et la distribution de l’électricité et les moins performants risquent de disparaître. La Jirama a un avantage certain avec ses réseaux, déjà en place. Nous devons profiter de notre avantage compétitif pour avancer avec nos moyens et les supports de l’État et des bail­leurs », tient-il à rassurer.
Celui-ci mise plutôt sur l’éradication des maux qui gangrènent cette société d’État depuis la nuit des temps. La traque de vol d’électricité et différentes formes de fraudes sont menées actuellement. Ces pratiques pénalisent le bon fonctionnement de la société énergétique. Elles engendrent un préjudice s’élevant jusqu’à des milliards d’ariary. Des employés assermentés participent activement à cette opération. Depuis le début de l’opération, plusieurs cas de branchements illicites ont été mis à nu. Les affaires ont été portées devant la Justice. Les complices en interne n’ont plus leur place au sein de la société.
« Le licenciement d’un employé représente une perte de ressource pour la société. On ne devrait pas licencier un employé. C’est malheureusement le cas lorsque nous découvrons des détournements et des fraudes comme des détournements de recettes, de partage des avantages de la Jirama aux voisins, faux et usages de faux, branchement sans compteur, ou encore d’implication dans des actes criminels contre la société, de trafic de compteurs », a souligné Olivier Jaomiary.

Lova Rafidiarisoa