Accusé de viol et violence, un jeune malgache a été radié de la Légion. Il a été acquitté hier par le tribunal. 

Un viol en état d’ivresse qui coûte une carrière militaire. Placé en détention préventive depuis octobre 2014 pour abus sexuel et violence contre l’une de ses compatriotes, un jeune malgache de vingt-trois ans a été radié de la Légion étrangère qui l’a enrôlé.
Au bout d’un peu plus d’un an de séjour carcéral, le prévenu était au banc des accusés de la cour d’assises du Var en France. Son procès a duré deux jours. Hier, au terme d’une délibération qui a duré  moins d’une heure mardi, cet ex-militaire toulonnais d’origine malgache a été acquitté.
Ce revirement de situation intervient bien que l’avocat général ait requis huit ans de réclusion contre l’accusé.
L’absence au procès de la plaignante a néanmoins joué en faveur de l’accusé. Le fait qu’elle ne s’est pas fait représenter par un avocat aurait été apparemment  interprété comme si elle avait fait le choix de ne pas se constituer partie civile.

Traces d’ADN
Les faits remontent au 4 octobre 2014. Au réveil, après une soirée bien arrosée à Six-Fours-les-Plages, la plaignante a saisi la police d’une affaire de viol contre sa personne. L’acte aurait été perpétré à son domicile même et son compatriote légionnaire a été montré du doigt comme étant l’auteur.
D’ailleurs, le suspect a été retrouvé endormi sur le lit de la plaignante. Ayant reconnu avoir eu des relations intimes avec celle-ci, l’accusé a souligné en revanche qu’elle était consentante. Il a soutenu dans la foulée que les traces de violence relevées sur la jeune femme ainsi que dans le logement confortaient la thèse d’une légitime défense.
N’y allant pas par quatre chemins, le légionnaire a accusé la plaignante d’avoir levé la main sur lui sous l’emprise de l’alcool et qu’il n’aurait fait que se défendre.
« Elle s’est laissée faire après deux scènes de violence. C’est peut-être ce que l’accusé a considéré comme un consentement. Il était en état d’ivresse, ce qui a faussé son jugement», a pour sa part lancé l’avocat général, lequel a requis de lourdes peines contre le Malgache.
Des  agressions au couteau ont été relevées dans cette affaire. Des traces d’ADN de l’accusé  aussi bien  de la plaignante y ont été néanmoins relevées, suscitant la confusion.  Son statut d’innocent étant confirmé,  la réintégration de l’accusé dans la Légion où il a servi peut être reconsidérée après résiliation unilatérale de son contrat.

Recueilli par Andry Manase