Le petit dragon de l’océan Indien, l’île Maurice donne une leçon à sa grande sœur malgache. Tout est question de vision et de formation.

Si les entreprises privées signent des contrats avec le gouvernement, ils ont l’obligation de retenir au moins 50% des stagiaires», affirme Soodesh Satkam Callichurn, ministre du Travail, des relations industrielles, de l’emploi et de la formation professionnelle de la république de Maurice lors d’une conférence débat sur le thème Investir dans la formation selon l’exemple mauricien, hier, à l’hôtel Le Pavé Antaninarenina. Ce n’est qu’un parmi les exemples de stratégies menées par l’île Maurice pour réduire le chômage. Il est convaincu que la formation est la clé pour trouver du travail. D’ailleurs, l’éducation et la formation professionnelle font partie des trois plus gros budgets de l’État mauricien. Ce qui fait de cette île  un exemple en Afrique, en termes d’évolution du capital humain. L’État impose et reste le meneur et le créateur de tous les programmes. Les entreprises contribuent à la formation du personnel. Plusieurs exemples ont été présentés par ce ministre, lors de son intervention. Le système éducatif dès le primaire jusqu’en terminale est gratuit.
Vision différente
Les universitaires reçoivent des allocations avec des frais de transport en commun jusqu’à la fin de leurs études. Cette île qui s’affiche comme l’exportateur de sucre dans les années 80 et 90, a investi dans les secteurs porteurs de l’île, dont l’hôtellerie, le tourisme. Plusieurs jeunes ont acquis des compétences dans ces filières. Les femmes qui ont perdu leur travail bénéficient d’un travail et de formation pendant six à un an selon les types de formation et reçoivent aussi des allocations. L’île Maurice a également innové dans d’autres secteurs comme l’économie bleue dont une formation spécifique est en cours d’élaboration. Or, aucun candidat n’est encore intéressé pour le moment. L’État mauricien arrive à financer de tels programmes grâce à un organisme de gestion de fonds sous la tutelle du ministère de l’Éducation mauricien. Les entreprises privées contribuent à hauteur de 1% dans ce fonds. D’après ce ministre, l’État a forcé le secteur privé à accepter ce modèle. En deux ans, le chômage à l’île Maurice est ramené à 7,3% contre 9% auparavant. Et lors de cette conférence, le ministre a lancé le nouveau défi d’abaisser ce taux jusqu’à 4% en trois ans.
. Jean Aimé Raveloson, un participant, a livré ses impressions par rapport à la présentation de ce ministre mauricien. « À mon avis, les Malgaches n’ont pas de vision du tout en termes d’éducation et de formation professionnelle car à chaque mandat présidentiel,  soit on les change soit on les détruit. Ce qui fait que les jeunes aussi ne possèdent aucune vision de l’avenir car les choses changent à chaque fois ».

Mamisoa Antonia