Érigé sous le signe de l’efficience, le Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) semble gâter les membres de son cabinet.

Faramineux. La nouvelle version du Conseil du Fampihavanana Malagasy (CFM) prévoit une bagatelle d’un milliard cent quarante-deux millions d’ariary pour faire fonctionner son cabinet au titre de l’année 2018. La direction générale du budget auprès du ministère des Finances et du budget a publié sur son site web les détails de la prévision des dépenses par service. Pour le CFM, un budget de sept milliards cent vingt-trois millions d’ariary est prévu en 2018.
Dans l’exposé de motif de la loi sur la réconciliation nationale, cette nouvelle formule ambitionne d’apporter des innovations. Le nombre réduit des mem­bres au niveau central en fait partie. « Son efficacité devrait être renforcée, grâce à une plus grande rationalisation des actions de ses Commissions et de ses démembrements », stipule la deuxième partie de cette loi promulguée en décembre 2016.  Le nombre des membres de la CFM est effectivement ramené à trente-trois au lieu de quarante-cinq  dans l’ancienne version de Sylvain Raboto­arison. Apparemment, le principe de l’efficience est respecté.

Suggestions
Comme toute institution, le président dispose d’un cabinet. La loi sur la réconciliation nationale  prévoit par ailleurs, un secrétariat pour le bureau permanent. Toutefois, la prévision des dépenses pour l’année 2018 semble être aux antipodes de ce principe de l’efficience.  Chaque vice-président des six provinces dispose d’un crédit de cent millions d’ariary pour couvrir les frais de leur cabinet.  Le rapporteur général  ainsi que le rapporteur général adjoint sont un peu moins dotés mais la totalité des dépenses prévues pour les cabinets frôle le milliard d’ariary.
Le projet de loi de finances n’est pas encore adopté par le Parlement. Soumis par le gouvernement à l’Assemblée nationale et présenté par la ministre des Finances et du budget, il y a quelques jours, les prévisions de dépenses stipulées dans le tome 2  demeurent des suggestions. Le projet de loi  de finances  2018, a été examiné en travail de commission, vendredi.  D’après une source proche du dossier, les commissaires n’ont donné que quelques observations sur quelques points. Ainsi, la réunion de la commission finance au niveau de l’Assem­blée nationale n’a duré que deux heures.
Nommé par le Président de la République le 25 août, les trente-trois membres du CFM ont prêté serment et sont entrés en fonction depuis le 13 septembre. Mis en place suite à un long processus de sélection, cette institution a pour mission de conduire le processus de réconciliation nationale, d’instaurer une atmosphère politique sereine pour garantir l’unité nationale ainsi que de formuler des recommandations dans la résolution des conflits.
Même sans surprise, le sort des  futurs membres du cabinet des vice-présidents et des rapporteurs généraux du CFM est entre les mains des députés. L’adoption du projet de loi des finances se tient à Tsimbazaza, ce jour.

Andry Rialintsalama