L’épidémie de peste se répand dans la capitale de Madagascar. Une vingtaine de quartiers seraient touchés, actuellement.

Circuler dans la ville d’Antananarivo devient plus qu’effrayant. On parle d’une vingtaine de zones rouges de l’épidémie de peste, au niveau du ministère de la Santé publique. « Récemment, on en a compté quinze. Actuellement, il y en a une vingtaine », signale une source, hier. Parmi les fokontany cités par cette source figurent celui d’Andraisoro, d’Antsahatsiroa, de Tsarahonenana, d’Ambodotsiry, de Manjakaray, d’Andoha-tapenaka, de Saropody, d’Androndra, d’Ankaraobato, où des cas suspects de peste ont été enregistrés.
La négligence de la circulation des personnes pestiférées répertoriées à Toamasina, puis à Antananarivo, il y a un mois, a une part belle dans cette explosion de l’épidémie. Depuis, le graphe du nombre des victimes de la peste pulmonaire a connu une courbe ascendante dans la ville d’Antananarivo, passant de trois cas suspects à cent quatre vingt dix-sept cas, hier, selon les derniers chiffres officiels du ministère de la Santé publique. Hier encore, une personne a succombé suite à une suspicion de peste pulmonaire dans un grand hôpital d’Antananarivo. Par ailleurs, le refus de traitement de certains malades rend difficile le travail du ministère de la Santé publique, dans la maîtrise des cas.

Au chevet de Madagascar
Tous sont maintenant au chevet de Madagascar, pour éliminer cette maladie. Pas plus tard qu’hier, le gouvernement américain, à travers l’Agence des Nations-Unies pour le développement International (USAID), a offert dix véhicules pour le transport des malades et quatre autres, pour l’appui à la sensibilisation. Il laisse aussi à notre disponibilité un magasin pour le stockage des intrants. L’ambassade américaine a également offert des équipements de protection individuelle pour les agents de santé qui travaillent d’arrache-pied, en ce moment.
L’organisation mondiale de la santé (OMS) a, pour sa part, déjà déployé 1,5 million de dollars pour couvrir les besoins urgents et a fourni, hier, des médicaments pour sept mille malades et trente mille contacts, des équipements de protection, du matériel et des équipements de désinfection, de désinsectisation, de dératisation et des tablettes. Le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef), quant à lui, a remis quinze tentes pour renforcer la capacité d’accueil au niveau des hôpitaux, deux cent « body bags », pour l’enterrement des personnes décédées, ainsi que des équipements de protection individuelle pour les agents de santé. Des cliniques mobiles sont, en outre, installées au niveau des stationnements, et une ambulance a été placée dans chaque arrondissement, pour transporter les malades.
Malgré ces multiples d’aides ainsi que les actions déjà entreprises par le gouvernement malgache, il serait encore difficile d’affirmer qu’on peut être confiant quant à l’élimination de cette épidémie dans une courte durée, selon une source. La sensibilisation de la population et la recherche active des cas seraient une priorité pour interrompre la transmission de la peste pulmonaire en milieu urbain et pour empêcher sa propagation à l’étranger.

Désinfection de six mille taxis-be

Des opérations de désinfection et de désinsectisation sont lancées au milieu du transport en commun. Cette opération devrait protéger les passagers contre cette épidémie. Six-mille taxis-be travaillant dans la ville d’Antananarivo et dans les périphéries en seront les bénéficiaires. Dans tout Madagascar, quatre cent quarante neuf cas dont quarante huit décès, ont été enregistrés, du 1er août au 10 octobre, selon le ministère de la Santé publique. Trois cent vingt deux cas sont des cas de peste pulmonaire.

Miangaly Ralitera