Le délestage frappe à nouveau plusieurs villes de Madagascar. Les coupures ont duré jusqu’à plusieurs heures, hier dans la capitale. La Jirama se trouve dans l’impasse.

Quand le délestage met le gouvernement de combat K.O. Les déclarations faites en haut lieu n’ont pas eu d’effet positif sur le problème d’alimentation en électricité.  Les cinq minutes annoncées deviennent trois à six heures de coupure par jour. Le délestage a frappé de plein fouet plusieurs quartiers d’Antananarivo et ses environs. Même les villes en province ont été aussi touchées par ces coupures intempestives de l’électricité. La Jirama se trouve dans l’impasse.
Cette situation laisse à réfléchir sur la capacité de nos dirigeants à résoudre les problèmes sociaux. Depuis plus d’un mois, la situation tourne en rond pour la Jirama et ses abonnés. Toutes les voies de recours semblent être utilisées. Les pluies artificielles, le ré-démarrage de certaines centrales thermiques, le renforcement de l’approvisionnement de carburant, les pluies d’aides financières, tout comme les ordres et déclarations venant du haut lieu n’ont pas eu de résultats probants.
Maintenant, les dirigeants ouvrent des négociations avec les fournisseurs de carburants. Des réunions se sont succédé hier dans les palais de l’Etat pour « discuter du contrat avec ces sociétés ». « Les discussions tournent autour des contrats avec les fournisseurs de carburant de la Jirama », a affirmé une source auprès de la direction générale de cette société d’État avant d’ajouter que  « la situation dépendra de ces discussions. La situation en province devrait s’empirer dans les prochains jours tandis que celle d’Antananarivo connaîtra une petite amélioration ». Les besoins en carburant de la Jirama sont estimés à 800 m3 par jour dont 450m3 pour le réseau d’Antananarivo.

Ordre et promesse
Avec le problème actuel, nos dirigeants semblent être rattrapés par la réalité. Tout le monde se souvient de cette déclaration d’Olivier Maha­faly lorsque les coupures d’électricité frappaient plusieurs quartiers de la capitale et des villes en province. « J’ai donné l’ordre aux différents responsables qu’il n’est plus acceptable que ce problème de délestage revienne », avait déclaré le chef du gouvernement le 16 décembre.
Tout comme les promesses de Hery Rajaonari­mam­pianina en pleine campagne électorale en décembre 2013 de résoudre ce problème de délestage « seulement trois mois après la prise de fonction ». Voilà, nous sommes en 2017. Le délestage est bel et bien là. Chaque quartier a sa dose quotidienne de coupure de courant à raison de deux à trois heures le matin, et d’une durée pareille en fin de soirée.
Mais ils ont toujours trouvé la bonne parade pour contourner la situation et de jeter la faute aux anciens dirigeants « sans vision ».
« La vérité est que nous subissons les conséquences d’absence de vision à long terme dans ce domaine alors que le soleil, les cours d’eau et le vent étaient déjà là. Peut-être était-ce dû aux troubles politiques qui ont fait qu’il n’y a pas eu de continuité dans les projets », a lancé Hery Rajaonarimam­pianina lors de son discours à la cérémonie de présentation de vœux des corps constitués à Iavoloha, vendredi dernier.
Entre de beaux discours et des actions sur terrain, la différence est de taille. Chaque foyer, chaque entreprise attendent le retour à la  normale de l’alimentation en électricité. Puisque non seulement, le délestage mettait K.O le gouvernement, mais aussi l’économie du pays. Alors, on ne change pas une équipe qui ne gagne pas ?

Lova Rafidiarisoa