Réaction. Lors d’une conférence de presse hier au centre Arrupe Faravohitra, Clovis Razafimalala, militant écologiste, a déclaré qu’il comptait faire appel de la
décision de la Cour criminelle de Toamasina, le condam­nant à 5 ans de prison avec sursis et d’une amende de 50 mil­lions d’ariary.
À l’issue d’un procès qui s’est tenu le 24 juillet, Clovis Razafimalala a été reconnu coupable d’incitation à la rébellion, incendie de dossiers et destruction de biens publics. Les faits motivant les charges retenues contre le coordinateur de la coalition Lampogno, une organisation luttant contre le trafic de ressources naturelles, remontent au 14 septembre 2016 à Maroantsetra, suite à un litige entre Eric Besoa, un puissant opérateur économique du Nord-Est, et Rodrigue Mahavita, maire
de la commune rurale d’Anjahana, dans le district de Maroantsetra.
Le conflit concernant des transactions dans l’achat de vanille a amené l’opérateur économique à porter plainte contre l’élu. Refusant le placement sous mandat de dépôt du maire, une foule en furie a investi les locaux du tribunal de Maroantsetra, et ensuite du bureau du district pour réclamer le dossier de cette affaire judiciaire. Une frénésie qui a conduit à l’incendie des paperasses et du matériel informatique de ces deux établissements.
Clovis Razafimalala, accusé d’avoir été à la manette du mouvement de foule, a été arrêté le lendemain de l’émeute, et immédiatement conduit à Toamasina, à bord d’« un avion privé » affrété par un opérateur économique. Placé sous mandat de dépôt, la décision du 24 juillet permet donc au chef de file de Lampogno de recouvrer la liberté, après dix mois de détention préventive.
Épée de Damoclès
Seulement, le militant écologiste qui n’a de cesse de clamer, urbi orbi, son innocence, veut que sa condamnation soit annulée. « Les investigations de la Justice sur mon affaire n’ont pas été poussées à fond. Il n’y a pas assez de preuves, pour ne pas dire aucune, qui démontrent que j’ai participé à une destruction quelconque de biens et de documents publics », a-t-il déclaré hier au centre Arrupe Faravohitra.
Devant la barre à Toa­masina le 24 juillet, Clovis Razafimalala, s’est défendu en soutenant : « Au moment des faits, le maire m’a appelé au téléphone pour le rejoindre au bureau du district. Après, je suis d’emblée revenu à mon cybercafé. Je n’ai pas pris part à cette rébellion. Des témoins peuvent l’attester ». Dans un reportage diffusé sur la radio Antsiva, hier, le chef de district de Maroantsetra, absent au moment de l’émeute du 14 septembre, a indiqué : « On m’a rapporté que Clovis Razafimanana était présent. Je ne peux, cependant, pas le confirmer, car je n’étais pas présent ce jour-là ».
Dès l’arrestation de Clovis Razafimalala pourtant, les organisations de la société civile locale et internationales, notamment les défenseurs de l’environnement et Amnesty International ont dénoncé un procès dans le but de le museler. La coalition Lampogno a fait ses armes, particulièrement dans les dénonciations du trafic de bois de rose. « C’est un verdict pour qu’il se taise et se tienne tranquille », a affirmé Lalaina Andrianavalona, coordinateur national de la Coalition nationale de plaidoyer environnemental (CNPE), durant la conférence de presse d’hier.

Garry Fabrice Ranaivoson