Une rencontre a eu lieu, hier, entre le ministère de l’élevage et les acteurs de la filière. Réorganiser urgemment la commercialisation des vaches.

Intransigeant. Le ministère auprès de la Présidence en charge de l’Agriculture et de l’élevage suspendra, pendant six mois, toutes activités relatives à la commercialisation des femelles bovines. « Un arrêté règlementant l’abattage de femelles bovines et de jeunes animaux de l’espèce bovine interdit l’abattage et la vente de femelles bovines, de génisses âgées de moins de trente mois, et de veaux de race locale ou améliorée, et ce depuis 2010. Pourtant la réalité est toute autre, des femelles se vendent bel et bien », s’insurge le ministre Rivo Rakotovao.
« Toutes activités de commercialisation, d’abattage ou de  transport de femelles bovines seront suspendues pendant au moins six mois », annonce-t-il. Une descente effectuée récemment par l’équipe du ministère a permis de découvrir, en effet, que les femelles se vendaient au nez et à la barbe des autorités administratives et de sécurité, dans un marché de zébus très réputé. « Les femelles sont vendues sous prétexte que ce sont des femelles stériles. Mais nos techniciens ont affirmé le contraire », ajoute le ministre.

Déplacement
Cette mesure est prise afin de préserver la race bovine, actuellement en inquiétant déclin. « La pression sur l’offre ne doit pas être négligée. Les éleveurs ne veulent plus vendre leur bétail, d’où cette insécurité grandissante. Nous sommes tenus de trouver des solutions pour la sauvegarde de cette espèce tant convoitée mais faisant l’objet de beaucoup de délits dans le pays », a fait savoir le ministre aux acteurs de la filière, hier.
Véterinaires, éleveurs, responsables d’abattoirs, représentants de la gendarmerie et des collectivités territoriales, et techniciens du ministère de l’Élevage se sont réunis pour élaborer une nouvelle politique de l’élevage bovin car les textes et les lois sont obsolètes. L’idée majeure de déplacer les abattoirs hors de la ville a été, par ailleurs, débattue.
Pour des questions d’hygiène, le ministère a annoncé que les grands abattoirs tels que ceux d’Ankaditratombo, d’Anosi­zato et d’Ampasika seraient déplacés dans des lieux encore non communiqués. « L’abattoir d’Ampasika a été installé en ce lieu bien avant que la commune de Bemasoan­dro ne voie le jour », indique Mamy Johnson, vice-président de l’abattoir d’Ampasika. « Il faudra du temps pour déplacer un abattoir mais tout cela dépend du ministère. De même que la sortie d’une nouvelle politique régissant la filière bovine », ajoute-t-il. Ce dernier a dénoncé l’existence d’un abattoir informel du côté d’Ambohitrimanjaka, lequel est déclaré être le fournisseur de viande de femelles bovines pour la capitale.
Toujours est-il que, l’offre et la demande ont regressé depuis quelques années. Antananarivo consomme actuellement
400 têtes par jour alors que la consommation journalière avoisinait le double au début des années 2000. C’est tout le pays qui en consommerait près de 1000 têtes quotidiennement aux dernières nouvelles.

Mirana Ihariliva