Bonne nouvelle pour les futurs clients de la Jirama. Après plusieurs mois, voire des années d’attente, ils pourront bénéficier d’un accès à l’électricité avant la fin du premier semestre. « La priorité est accordée aux clients ayant effectué des paiements », a déclaré Olivier Jaomiary, directeur général de la Jirama, hier, au siège de la société. D’après ce responsable, trente mille dossiers étaient en souffrance avant son arrivée. Treize mille d’entre eux ont déjà été traités. « La liquidation des dossiers restants se fera avant la fin du mois de juin », promet-il. Les clients à Antananarivo se trouvent en première ligne de cette demande, avec plus de 70% des dossiers enregistrés.
Pour satisfaire toutes ces demandes, soixante dix mille compteurs sont attendus avant le mois d’avril. De quoi satisfaire la demande. Faute de compteurs disponibles, le traitement de dossiers prenait plus de temps que prévu. Certains d’entre eux datent de plusieurs années. Les clients étaient dans le désarroi. Ils sont confrontés à de mauvaises pratiques de certains employés de cette société d’État pour pouvoir bénéficier du raccordement à l’électricité. Le DG de la Jirama lui-même reconnait cette situation. « On m’avait dit qu’il arrivait que des abonnés devaient payer un surplus à des employés pour pouvoir bénéficier d’un raccordement d’électricité. C’est une pratique inacceptable. Tous les clients seront traités sur le même pied d’égalité », rassure le directeur général de la Jirama.
Devant ces mauvaises pratiques, les dirigeants de la société d’État s’engagent dans une bataille sans précédent dans la lutte contre la corruption et la chasse aux branchements illicites. Tous les responsables, dans tous les niveaux de la Jirama, par exemple, ont désormais l’obligation de créer, au sein de leur cellule, un dispositif anti-corruption. L’objectif de cette opération organisée par le fournisseur national d’énergie électrique, en collaboration avec le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), est d’amener ses cadres à jouer leur rôle dans la lutte contre la corruption.
Le traitement de ces dossiers sera ainsi un test grandeur nature sur l’efficacité de cet engagement. Il ne faut pas non plus oublier que le raccordement à l’électricité a un impact sur la compétitivité économique du pays. Pour le moment, il demeure encore un point noir.

Lova Rafidiarisoa