Un policier se targuant d’être de la présidence a échappé à la vindicte populaire. Une décision jugée arbitraire, qu’il a prise, a provoqué une émeute.

Branle-bas de combat, hier, à Antsinanambohitra Ampitatafika. Dans la soirée, une cohue de badauds en état d’énervement, se chiffrant par  centaines, a menacé de s’abattre sur le domicile d’un brigadier de police pour y mettre le feu. «Se targuant d’être détaché à la présidence de la République, le quidam est coutumier des abus, surtout après qu’il a bu. Des riverains se sont déjà plaints de menaces à l’arme automatique, avec laquelle il sème la terreur. Des tirs de semonce ont même été signalés», se désole un responsable auprès de la commune d’Ampitatafika.
«Selon les informations qui nous sont parvenues, l’atmosphère était délétère lorsque des personnes qu’il a poursuivies pour coups et blessures volontaires ont été placées en garde à vue au poste de police de Loha­ranombato. ce qui a mis le feu aux poudres. Une dispute survenue dans un   bistrot en est à l’origine», enchaîne le même interlocuteur.
Aux alentours de 19 heures, la tension est montée d’un cran, lorsque des émeutiers en furie ont assiégé les environs.
Informé de cette progression de violence, le maire d’Ampitatafika a averti la gendarmerie locale.

Relâchés
«On s’est heurté à une foule d’insurgés qui ne  voulaient rien savoir malgré les pourparlers entamés. Après une ardue négociation, un terrain d’entente a été néanmoins trouvé», confie le chef du poste avancé de la  gendarmerie nationale à Ampitatafika.
«Nous avons tant bien que mal réussi à les convaincre que ce n’était pas la meilleure des manières. Au final, ils ont concédé  à renoncer pour s’exprimer devant la presse», poursuit le chef de poste.
Vers 20 heures, la horde de riverains a commencé à se disperser. Venus sur les lieux avec ses hommes, le chef du commissariat de police à Itaosy a poursuivi les négociations. Une accalmie planait dans les environs, lorsque des mesures immédiates ont été prises. «La tension  est descendue d’un cran lorsque nous avons éclairé la foule sur les procédures à engager en cas d’abus commis par un policier», explique le commissaire Eric Ravelomanantsoa, chef du commissariat de police à Itaosy.
Une source auprès du ministère de la Sécurité publique (MSP) indique, pour sa part, que les individus gardés à vue ont été relâchés du fait que la procédure n’a pas été respectée. Elle indique, dans la foulée, que le chef de la police à Itaosy n’a même pas été informé des arrestations et des mises à garde à vue au poste de Loharanom­bato, lequel est un démembrement de proximité de son  commissariat. Le policier ayant échappé à la colère de la foule encourt des poursuites disciplinaires.
«Des abus perpétrés dans son voisinage par le policier incriminé nous sont maintenant signalés. Une prise de mesures s’impose», continue la source auprès du MSP. Le calme a été retrouvé après cet incident.

Andry Manase