Six membres de la Chambre des représentants américains sont dans nos murs. Développement, élections et climat des affaires seront, entre autres, au programme de leurs échanges avec les acteurs locaux.

Évaluation sur terrain. Une délégation de six membres de la Chambre des représentants américains a débarqué à Madagascar hier soir. Conduit par Robert Goodlatte, président de la commission juridique, ces élus de l’équivalent de la Chambre basse du Congrès des États-Unis, auront durant deux jours diverses activités au programme, dont, notamment la rencontre avec les autorités malgaches.
Le premier rendez-vous au programme de ces con­gres­sistes américains, durant leurs deux journées en terre malgache, sera l’inauguration ce jour de la centrale électrique Symbion, à Mandroseza à 9 heures. Pour l’occasion, la partie malgache sera conduite par Hery Rajaonarimampianina, président de la République, et certainement une forte délégation gouvernementale.
De source avisée, l’inauguration d’aujourd’hui ne serait que les à côtés du séjour la délégation d’élus américains, étant donné que Symbion Power est une société américaine.
Le point d’orgue de la visite de la délégation conduite par Robert Good­latte serait surtout les rencontres avec des membres du gouvernement. L’annonce de l’arrivée des congressistes américains, publiée sur la page Facebook de l’ambassade des États-Unis, indique « les sujets importants dans la coopération entre les deux pays, comme les préparatifs d’une élection présidentielle transparente, ouverte et acceptée par tous, en 2018 ».

Intertitre
Ces derniers temps, le corps diplomatique dont Robert Yamate, ambassadeur des États-Unis martèle la nécessité selon laquelle l’élec­tion présidentielle prévue l’année prochaine devrait être crédible, acceptée de tous et inclusive. Un message que devraient donc densifier les parlementaires américains. Ces derniers seraient aussi particu­lièrement attentifs à l’état des préparatifs du scrutin, et l’atmosphère socio-politique qui prévaut dans la Grande île.
De source diplomatique, cet appel univoque pour une élection transparente et ouverte de la communauté internationale est aussi, en partie, pour avoir la garantie d’une stabilité durable à Madagascar. « La garantie d’une stabilité durable est nécessaire afin de pouvoir se projeter dans des projets d’appui ou d’investissement à long terme », indique-t-elle. Dans ce sens, la délégation des congressistes aura également au programme une rencontre avec les membres de la Chambre de commerce malga­cho-américaine (AMCHAM).
L’échange devrait surtout être axé sur le climat des affaires et des investissements dans la Grande île. Un sujet transversal toutefois, où les conjonctures politique, économique et judiciaire devraient entrer en ligne de compte. Concernant « les sujets importants de la coopération » entre Madagascar et les États-Unis, par ailleurs, le respect de l’État de droit, la lutte contre la corruption et les trafics illicites de ressources naturelles, la protection de l’environnement, ou encore la sécurité, ainsi que le respect des droits de l’Homme et des libertés sont des sujets incontournables.
La délégation conduite par Robert Goodlatte n’est pas la première équipe d’élus américains à visiter la Grande île. Des congressistes, au nombre de six également, étaient par exemple déjà dans nos murs en juillet 2012, soit un peu plus d’un an avant les élections de sortie de crise. En pleine période de crise, le volet politique a eu la part belle durant les échanges avec les acteurs malga­ches. La question du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales n’a cependant pas été occultée, notamment durant les rencontres avec la société civile.
La visite de 2012 a mis l’accent sur la nécessité d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Cette étape franchie, la visite des membres de la Chambre des représentants, cette année, pourrait servir à palper les réalités post-crise. La Chambre basse du Congrès a voix au chapitre sur les aides au développement et les investis­sements étrangers des États-Unis, ainsi que l’éligibilité des pays ayant accès au marché américain. « Cette visite revêt plusieurs enjeux, car de leur constat, ces congessistes peuvent plaider en faveur, soit en défaveur de Madagascar, devant la Chambre », indique une source informée.

Garry Fabrice Ranaivoson