Les trois lois organiques concernant les élections ont été adoptées en conseil des ministres, samedi. Ils sont sous réserve de corrections.

Feu vert. Le conseil des ministres décentralisé de samedi, à Mahajanga, a adopté les trois premiers textes devant composer le nouveau cadre juridique des élections. Le projet de loi organique relative au régime général des élections et des référendums, celui sur l’élection du Président de la République et l’autre concernant l’élection des députés à l’Assemblée nationale, devraient être déposés au Parlement, d’ici une semaine.
Le communiqué de presse de la réunion de l’Exécutif dans la capitale de Boeny, rapporte que l’adoption des trois lois organiques a été faite « sous réserve de corrections ». Selon les explications du ministre Harry Laurent Rahajason, porte-parole du gouvernement, le secrétariat général de la présidence de la République, devra encore, porter les corrections, les observations ou les changements apportés durant les débats en conseil des minisitres aux avant-projets de lois organiques avant la présentation de ces textes au Parlement.
« Cela devrait prendre une semaine tout au plus », a indiqué le ministre de la Com­mu­nication et des relations avec les institutions. Le porte-parole du gouvernement ajoute que l’Assem­blée nationale sera la première Chambre parlementaire saisie. Jusqu’au bout, l’Exécutif n’a pas accédé à la demande du Comité de vigilance démocratique pour les élections (CVDE).

Contre la montre
Les partis politiques et organisations de la société civile, membres de cette entité, revendiquent d’avoir un droit de regard sur les avant-projets de textes électoraux avant qu’ils ne soient adoptés par le conseil des ministres et remis au Parle­ment. Il s’agirait de comparer leurs contenus avec les recommandations émises durant les consultations des acteurs électoraux organisées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), selon les explications.
Comme l’a indiqué Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, à l’issue de la consultation avec la délégation de l’Union européenne (UE), lundi, le CVDE devra, désormais, s’en remettre au Parlement. Devant être le socle d’un processus électoral « crédible et accepté par tous », comme l’a promis Hery Rajaonarimam­pianina, président de la République, durant son discours à Moramanga, jeudi, le contenu des trois textes qui seront présentés devant les deux Chambres parlementaires, sera scruté à la loupe par l’opinion publique.
Selon la Constitution, en matière de loi organique « le projet ou la proposition n’est soumis à la délibération et au vote de la première Assemblée saisie qu’à l’expiration d’un délai de quinze jours après son dépôt ». La Loi fondamentale toujours, fixe la durée de chaque session du Parle­ment à « soixante jours ». Ayant débuté le 17 octobre, il ne reste plus beaucoup de temps avant la fin de cette seconde session parlementaire.
Le vote et l’adoption des trois lois organiques devraient se faire dans les derniers instants de cette session. Ce qui implique qu’il faudra, pour ceux qui ont à redire aux projets de loi, mettre les bouchées doubles afin de convaincre les parlementaires de la pertinence d’éventuels amendements. La CENI, de son côté martèle qu’il faudra que les textes électoraux soient adoptés le plus tôt possible afin de laisser le temps nécessaire à leur vulgarisation et appropriation.
La Constitution dispose qu’une loi organique doit être adoptée par la majorité absolue des deux Chambres, ou, faute d’accord après deux lectures de part et d’autre, le dernier mot appartient à l’Assemblée nationale, qui statue à la majorité des deux tiers. Si l’adoption ne se fait pas « avant la clôture de la session, les dispositions dudit projet peuvent être mises en vigueur par voie d’ordonnance ». Au risque de laisser carte blanche à l’Exécutif, les parlementaires pourraient être dans l’obligation de trouver des compromis quitte à faire des concessions. Une course contre la montre est engagée.

Garry Fabrice Ranaivoson