Les membres de la société civile élèvent la voix face à la situation alarmante dans laquelle le pays est plongé.

Prise de conscience. C’est dans cet ordre que le cercle de réflexion des économistes de Madagascar ou CREM a tenu à souligner sa position ainsi que le point de vue de ses membres par rapport aux conjonctures économique actuelles. C’est surtout en réaction aux différents faits, notamment l’annonce par les autorités de la prochaine sortie des nouvelles coupures de vingt mille ariary, qui ont défrayé la chronique ces derniers temps que les membres du CREM ont pris cette initiative de déclarer publiquement leurs appréciations face à la situation du pays.
Ces économistes expliquent qu’il y a déjà eu des affaires similaires durant tous les régimes politiques qui se sont succédé à Madagascar depuis les années 70. Par ces termes, les membres du CREM entendent évoquer les phénomènes de corruption, de mauvaises décisions politiques ou encore l’absence du service public dans les zones rurales, les promesses politiques non tenues, le népotisme, le corporatisme ou encore la manque de transparence dans l’attribution des marchés publics en passant par les nominations de hauts postes de responsabilité, sans parler des trafics illicites ou encore les blanchiments d’argent à outrance. Bref, autant de vices que dénonce le cercle.

Solution modèle
Selon eux, c’est tout le système politique et économique en entier qui est à revoir. « Tous les acteurs de tous les niveaux, que ce soit les bailleurs de fonds, les ONGs, le secteur privé, le corps des fonctionnaires, les parties politiques, et même la population en entier ne peuvent être écartés de la responsabilité de cette déchéance. Une refonte totale de ce système est plus que nécessaire », explique Hugues Rajohnson, membre du cercle en concluant qu’« il n’y a pas de solution modèle, mais qu’il faut surtout trouver des consensus en commençant par la base, c’est-à-dire le peuple. Afin que ce dernier puisse avoir son mot à dire sur l’adoption d’un nouveau système politico-économique transparent et efficient ».

Harilalaina Rakotobe