Les débuts de l’année 2017 reflètent un sentiment de pessimisme pour l’avenir avec les problèmes sécuritaires, sociaux et économiques, dès les premières semaines.

Mauvais départ. 2017 n’en est qu’à ses débuts et déjà la conjoncture socio-économique est dans le dur. Vindictes populaires, guerre sanglante dans des sites d’exploitation minières, reprise foudroyante du délestage chronique, augmentation des prix, auxquels s’ajoutent les aléas climatiques, comme la sécheresse, à Antananarivo et ses environs, défraient déjà les chroniques.
Des faits qui ne semblent pourtant pas entamer l’optimisme sur président de la République, Hery Rajaonari­mampianina, qui a déclaré dans son discours en version française de présentation des vœux à la nation et aux corps constitués et diplomatique, vendredi, à Iavoloha : « À aucun moment de son histoire Madagascar n’a réuni des conditions aussi favorables qu’aujourd’hui pour se mettre sur l’orbite d’une émergence ». Un optimisme motivé par le retour de la confiance internationale et l’affluence des « promesses », d’aides, d’investissements et de partenariat.

Sombre tableau
Bien que les dirigeants se frottent déjà les mains, il faudra encore mettre les bouchées doubles pour parvenir à l’ouverture des vannes de la manne des 10 milliards de dollar et plus annoncés. Alors que depuis plusieurs mois, la population croule sous le poids des conséquences des « décisions impopulaires » qu’il fallait prendre pour la reconquête internationale sans entrevoir jusqu’ici le bout du tunnel.
Le retour en force du délestage, qui malmène le quotidien des malgaches marque ce début d’année. La sécheresse qui sévit dans certaines zones comme, à Antananarivo, n’arrange pas les choses.
L’assainissement de la gouvernance de la Jirama, devant accompagner la réduction progressive des subventions semble, pourtant, trainer. Le coût de la vie, par ailleurs, souffle en un clin d’œil le revenu de la classe « moyenne », et asphyxie les plus vulnérables. Le retour à la vérité des prix à la pompe n’est qu’un argument pour les commerçants afin d’enfoncer un peu plus le clou. La subvention des transports en commun est, pourtant, la seule mesure d’accompagnement prévue par l’État. Les transporteurs qui dans la pratique, renient, pourtant, tout principe de service public dans leur travail.
En attendant l’hypothétique « émergence », annoncé par le chef de l’État, les conséquences des décisions impopulaires ne font, jusqu’ici qu’étouffer la population. Son discours, vendredi, n’a d’autant plus, pas aidé à éclairer sur les actions du pouvoir durant les mois à venir. Les rares projets annoncés, comme celui en matière énergétique sont, du reste, suspendus aux décaissements des fonds des bailleurs et investisseurs.
Sur le volet sécuritaire, les cas de vindictes populaires restent toujours une problématique à résoudre. Une communication faite en conseil du gouvernement, hier, indique, toutefois, que des dispositions sont prises pour y remédier. Pareille­ment, l’État mise sur l’opération militaire « Mazava », pour casser la dynamique délétère des « dahalo », et des opérations coups de poing, ces derniers jours, indiquent que la police nationale s’active, aussi, pour mater le grand banditisme urbain.
Dans son discours à Iavoloha, Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a affirmé que les points cités dans le bilan qu’il a présenté concernent directement le quotidien des ménages. Devant l’Assemblée nationale durant la dernière session de l’année 2016, le locataire de Mahazoarivo a, pourtant, concédé des insuffisances gouvernementales pour maîtriser l’inflation, le délestage et l’insécurité. Il semble que quelques-uns des challenges à relever par l’État, durant l’année, soient identifiés.

Garry Fabrice Ranaivoson