Le MAPAR a réagi, hier, à la condamnation « par défaut » du sénateur Lylison. Une réaction brève, qui laisse penser qu’il s’agissait juste de s’afficher.

Pour la forme. Le groupe des partisans de Andry Rajoelina (MAPAR) a organisé « une conférence de presse », hier à Ambodivona, pour contester la condamnation « par défaut » du sénateur Lylison René de Roland.
Une sortie médiatique qui s’est résumée en la lecture d’une déclaration par le sénateur Paul Bert, avec à ses côtés la plupart des élus et ténors de l’écurie Orange. Une déclaration de quelques minutes, durant laquelle les arguments que sont « l’illégalité » du procès, étant donné que l’accusé et son avocat n’ont pas été informés, ou encore que cet acte aura des conséquences sur « l’apaisement » escompté dans le pays, ou encore n’est nullement
la solution pour résoudre les problèmes socio-économiques, ont été mis en exergue.

Ouverture
Bien qu’une revendication d’annulation de la condamnation « par défaut » de l’ancien commandant des Forces d’intervention spéciale (FIS), ou encore l’arrêt des « représailles contre ceux qui ne partagent pas les mêmes idées politiques » que le pouvoir ait été lancée hier, il semble que MAPAR ait décidé d’organiser cette pseudo « conférence de presse » parce que les circonstances l’imposaient. Que n’ayant pas de possibilité d’action, il fallait juste afficher une solidarité envers l’un des leurs.
La suite à donner au verdict à son encontre dépend, en effet, du sénateur Lylison qui est toujours en cavale. Absent durant le procès et sous le coup d’un mandat d’arrêt à l’audience, l’officier supérieur de la gendarmerie sera certainement appréhendé dès qu’il pointera le bout de son nez. Sortir de sa cachette est pourtant,  nécessaire pour qu’il puisse faire opposition à sa condamnation ou interjeter en appel.
Les tourmentes judiciaires du sénateur élu à Maha­janga et ses rebondissements, cette semaine, sont, d’un autre côté une aubaine pour MAPAR d’occuper à nouveau la scène médiatique et politique.
Une ouverture pour dénoncer les « excès » des tenants du pouvoir, et qu’elle n’a
pas ratée. à l’écoute de la déclaration d’hier, outre affirmer son soutien au colonel Lylison, il s’agissait aussi de tacler le pouvoir en place.
« Ce procès prouve le non-respect de la loi et la tendance dictatoriale dans le pays », soutient MAPAR. Outre les fidèles de l’ancien président de la Transition, la ligne d’opposition « Mitsangàna ry Malagasy » (MRM) s’est également engouffré dans la brèche, et vilipende ce qu’il qualifie de « dérives » du pouvoir. « Le régime crée lui-même une atmosphère de tension politique qui pourrait aboutir à son instabilité (…) un mandat d’amener à l’encontre du sénateur Lylison René de Roland ne résout en rien les problèmes réels que vit la population au quotidien, à l’heure actuelle », argue le MRM.

Garry Fabrice Ranaivoson