Le Président malgache appelle à la mise en commun des moyens des pays membres de la Sadc. De quoi atténuer les impacts sur l’économie.

Mutualisation. Au lendemain du passage dévastateur du cyclone Enawo dans la Grande île, Hery Rajaonari­mam­pianina, président de la République, a plaidé pour une mise en commun des moyens de résilience de la Communauté des États d’Afrique austral (SADC). « Cet avenir commun nous renvoie à notre vulnérabilité collective face aux fréquentes catastrophes naturelles, amplifiées par les effets du changement climatique. (…) Nous voudrions dire que nous gagnerons ainsi à mutualiser nos moyens et nos stratégies pour y faire face, allant au-delà des actions ponctuelles d’urgence (…) », a déclaré le chef de l’État devant l’assemblée générale de l’organisation régionale, le 18 mars au Swaziland, selon le communiqué de presse de la présidence de la République.
Dans son argumentation, le locataire d’Iavoloha a soutenu qu’avec la mutualisation des moyens de résilience des États membres de la SADC, face aux aléas climatiques, « il est possible d’atténuer les impacts des catastrophes naturelles sur l’économie, l’environnement et les communauté humaines ». Ceci, par le biais d’un partage de compétences et d’expériences entre les pays dans la planification et des investissements dans le domaine de la prévention et de la préparation.
« Une mutualisation des moyens sur le long terme, dont le coût serait moindre comparé aux initiatives d’urgences », a ajouté le président de la République, selon la missive présidentielle. Une stratégie régionale pour la préparation et la réponse aux catastrophes, a été adoptée par la Communauté des États d’Afrique australe, en novembre 2016. Un programme dont la concrétisation attend la mobilisation des ressources.

Finalisation
Le communiqué final du sommet extraordinaire de la SADC, au Swaziland, rapporte que suite au constat des dégâts causés par le passage d’Enawo dans la Grande île, il a notamment été demandé au secrétariat de l’organisation de « finaliser d’urgence avec le concours des États membres, les mécanismes régionaux de préparation et de réponse aux catastrophes et l’opérationnalisation du fonds régional y afférent ».
Le passage d’Enawo et ses dégâts, surtout dans la partie Nord-Est de la Grande île, a mis en exergue les limites de ses moyens de résilience. Pareillement pour les moyens à la disposition des entités internationales présentes à Madagascar, pour faire face aux urgences causées par les catastrophes naturelles. Ce qui a amené certaines représentations diplomatiques à s’interroger sur le temps qu’a mis le pouvoir Exécutif pour faire une déclaration officielle d’urgence.
Le temps nécessaire pour la collecte des données afin de pouvoir faire une déclaration d’urgence a été l’explication avancée, en réponse à l’attente internationale. Dans un décret adopté le 15 mars, le gouvernement a officiellement fait une déclaration de sinistre national afin d’ouvrir les frontières de Madagascar aux aides d’urgence et au relèvement suite aux dégâts. Une mutualisation des moyens des pays membres d’organisations régionales tel que la SADC et ayant sa propre procédure de mise en œuvre pourrait permettre d’avoir plus de moyens pour subvenir aux urgences causées par les catastrophes naturelles, et commencer le relèvement, en attendant l’armada internationale.

Garry Fabrice Ranaivoson