Le Premier ministre a annoncé que le propriétaire du navire « Lumina » a été appréhendé. Il indique aussi que de « riches » personnalités sont dans la ligne de mire.

Arrestation. Solonandrasana Olivier Maha­faly, Premier ministre, en a fait l’annonce hier. Il s’agit de « l’arrestation du propriétaire du navire Lumina ». Ce bateau arraisonné au large du cap Masoala, le 5 février, avait à son bord « 340 rondins de bois de rose ». À son arrivée au port de Toamasina, le 10 février dernier, avec comme comité d’accueil, une délégation gouvernementale, le locataire de Mahazo­arivo avait indiqué que « Lumina » appartiendrait à la société « Tsaralaza », basée justement dans ville du Grand port. À part les douze hommes présents à bord, aucune information n’a été donnée, ce jour-là, sur une toute autre arrestation.
C’est en marge d’une cérémonie de signature d’accord de collaboration entre le ministère de l’Intérieur et la Caisse nationale de prévoyance sociale, hier à Mahazoarivo, que le chef du gouvernement a annoncé que « le propriétaire » du navire arraisonné a été arrêté. Ni le moment de l’arrestation, ni l’identité de l’accusé n’ont été, toutefois, révélés. Il est probable, cependant, qu’il s’agisse du dépositaire de la société « Tsaralaza ».
Devant les journalistes, le numéro 2 de l’Exécutif a juste martelé la volonté étatique de mener à terme ce dossier concernant les bois de rose saisis au large de Masoala. « Tenez-moi aux mots, en tant que chef du gouvernement, je vous assure que ceux qui sont impliqués dans cette tentative d’exportation illicite seront sanctionnés de manière exemplaire », a-t-il déclaré.

Des riches
Outre l’arrestation du propriétaire de « Lumina », le Premier ministre a lancé l’éventualité que de « riches personnalités » soient aussi appréhendées dans le cadre de cette affaire. Là encore, motus, en ce qui concerne l’identité de ceux qui sont dans le collimateur des autorités étatiques. Cela, probablement, pour respecter le principe de la présomption d’innocence, ou encore du secret de l’instruction.
Seulement, Solonandra­sana Olivier Mahafaly a soutenu hier que « la transpa­rence » sera de mise dans le traitement de cette affaire, et que toutes les étapes seront communiquées à la presse. Ce qui pourrait être une manière de protéger les enquêteurs des « tentatives d’intervention », dont l’existence a été révélée hier, ou encore de corruption. Des sources parlent de proposition de pots de vin allant jusqu’à « plus de 10 milliards d’ariary » à de hautes personnalités.
Malgré la volonté de transparence affirmée par le gouvernement, il semble qu’il y ait des « non-dits » dans le dossier de bois de rose saisis au cap Masoala. Au début de la révélation de l’affaire à la presse, « la détention provisoire d’une dame connue et influente » a été dite par des sources avisées. Une information tue par les communications officielles. Reste donc à voir l’évolution du dossier que l’Exécutif semble vouloir suivre pour être la concrétisation de sa volonté politique de lutte contre le commerce illicite des ressources naturelles, notamment le bois de rose.
Une partie de l’opinion publique souhaiterait pourtant que cette fermeté et cette détermination soient également reportées sur des affaires antérieures, où de gros bonnets déjà appréhendés et placés sous mandat de dépôt, comme Bekasy Johonfrince peuvent gambader sans crainte aujourd’hui, sans qu’aucune décision de justice n’ait été rendue. Pareillement pour le rapatriement des bois de roses saisis dans les ports étrangers, à l’exemple des 30.000 rondins à Singa­pour.

Garry Fabrice Ranaivoson