Des fusillades meurtrières secouent Betroka. Recherché depuis fin 2012 pour le meurtre d’éléments des forces de l’ordre, le chef fokontany de Bekirobo a péri.

Une vague de terreur s’est abattue dans les points sensibles de Betroka depuis la deuxième semaine de ce mois. Huit morts sont répertoriés dont cinq dans les  rangs des dahalo. Recherché depuis fin 2012, le chef fokontany de Bekirobo, identifié comme étant un  bandit très redouté, à la tête d’une horde de voleurs de bétail, est tombé sous les balles des membres du comité d’auto-protection villageois.
«Il était dans le collimateur des forces de défense et de sécurité pour le meurtre de trois gendarmes et de deux militaires en septembre 2012. Le capitaine Jonah Tsiresindahy, alors commandant de la compagnie territoriale de la gendarmerie à Ihosy ainsi qu’un officier de l’armée malgache étaient parmi ceux qui ont été massacrés par les dahalo aux abords de Bekirobo  au moment des faits», rappelle le lieutenant-colonel Théodule Ranaivoarison, commandant du groupement de la gendarmerie nationale de la région Anosy.
«Au mois de novembre, le deuxième adjoint au maire de Bekirobo, figurant parmi les suspects  recherchés pour ce quintuple meurtre d’éléments des forces de l’ordre, outre des actes de banditisme ainsi que de vols de bétail , a été appréhendé. Il est actuellement placé en détention préventive à la maison centrale  de Betroka», poursuit l’officier-supérieur.

Violents accrochages
Le heurt meurtrier où le chef fokontany de Bekirobo a été abattu, remonte au 7 avril. Sous sa houlette, jusqu’à 25 voleurs de bétail armés de fusils de chasse ont pris d’assaut le village Mananovy dans la commune rurale de Bekirobo, pour s’emparer d’une trentaine de têtes de bovidés.
Le propriétaire du troupeau dérobé a trouvé la mort dans l’accrochage. Suivis à la trace par le fokonolona, les fuyards sont tombés nez-à-nez avec les poursuivants.
Quatre des malfaiteurs ont péri sur le champ de bataille après la fusillade qui a éclaté. Du côté du comité d’auto-protection villageois, deux personnes ont été grièvement blessées.
Dans la soirée de samedi, un autre accrochage a provoqué un séisme à Bepeha Jangany. L’affrontement est survenu dans les montagnes de l’Andriry, toujours à Betroka. Les dahalo ont perdu trois de leurs complices lorsqu’ils se sont mesurés aux gendarmes.
Le lendemain, une  quarantaine de bandits de grand-chemin ont sévi à Marovala Isoanala. Deux des assaillants ont été frappés de projectiles, le fokonolona ayant opposé une résistance farouche. L’un des malfaiteur a été appréhendé et livré à la gendarmerie.
«Des attaques de dahalo sont signalés dans les environs de Beraketa et de Manombo. Nos renseignements révèlent que ces brigands proviennent de Bekirobo, Mahilivoro, Inanarena, Itroho et Mananovy. Une opération sera menée pour donner un coup d’arrêt à ce phénomène avant qu’il ne prenne de l’ampleur», lance le colonel Théodule Ranaivoarison.
En attendant, les membres du comité d’auto-défense villageois sont toujours aux aguets dans cette plaque tournante du vol et du trafic de bétail de Betroka.

Andry Manase