Bloquée. Les conditions requises pour l’adoption de la loi sur le recouvrement des avoirs illicites sont insuffisantes. Tels sont les arguments avancés par le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy pour expliquer les raisons  du changement subite de l’ordre du jour cette semaine.  En marge de la célébration du 84e anniversaire de l’empereur du Japon, le numéro un  de la Chambre basse a donné des précisions. « D’une manière générale, avant d’être soumis en séance plénière, les projets de loi doivent passer par une commission saisie au fond. Certaines conditions sont requises pour que cette commission puisse travailler. Dans le cas du projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites, seule la présidente de cette commission était présente. Donc la réunion n’a pas eu lieu », a expliqué le président de l’Assemblée nationale.
Mise à part Marie Thérèse Volahaingo, présidente de la commission juridique à l’Assemblée nationale, les dix autres membres se sont abstenus d’assister à cette réunion.

Appréhensions
Pour des raisons incon­nues, ce texte peine à passer au niveau du Parlement. Soumis à l’Assemblée nationale depuis juin 2017, ce projet de loi a été ajourné sans que l’on sache réellement pourquoi. Lors de cette session budgétaire, ce texte fondamental dans la lutte contre la corruption figure officiellement dans l’ordre du jour. Boudé par les membres de la commission juridique, la loi 015-2017 n’a pas pu être adoptée. « Étant donnée le temps qui nous reste, il est impossible de faire passer une nouvelle fois ce projet de loi dans l’ordre du jour. Nous espérons le reprendre dans la prochaine session », continue Jean Max Rakotomamonjy.
Ayant  trouvé une échappatoire dans les arguments techniques, le président de la Chambre basse a avancé des arguments indiscutables. Toutefois, l’appréhension des députés sur les portées de cette loi est perceptible. C’est pour cela qu’un membre du bureau permanent s’est emporté  et a exigé le retrait de ce projet de loi dans l’ordre du jour lundi. Avec l’opérationnalité du premier pôle anti-corruption, la lutte contre de fléau pourrait enclencher une vitesse supérieure. Toutefois, l’ajournement de l’adoption de cette loi constitue une douche froide pour les organes de lutte contre la corruption.

Andry Rialintsalama