Les projets de lois organiques sur les élections ne figurent pas à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Au mieux, ils seront votés durant une session extraordinaire.

La messe est dite. Les projets de lois organiques devant composer le nouveau cadre légal des élections ne sont pas inscrits au nouvel ordre du jour de l’Assemblée nationale, voté, hier. L’éventualité d’une session extraordinaire pour l’adoption de ces textes par le Parlement semble se préciser.
Le nouveau planning des travaux parlementaires à l’institution de Tsimbazaza, voté, hier, court jusqu’au 15 décembre, où est prévu la cérémonie de clôture de la deuxième session de l’Assemblée nationale. Contacté lundi, le député Jean Adrien Vano­vason, questeur à la Chambre basse, a affirmé que le projet de loi organique relatif au régime général des élections et des référendums, celui sur l’élection du Président de la République et l’autre concernant l’élection des députés à l’Assem­blée nationale ne sont pas encore arrivés à l’Assemblée.
Le cabinet de Jean Max Rakotomamonjy, président de la Chambre basse, a indiqué, hier, que ces textes ne sont pas encore parvenus au bureau permanent de l’institution législative. Sauf changement de plan de la part de l’Exécutif, les projets de loi organiques devraient, pourtant, être présentés en premier lieu devant l’Assemblée nationale. Une éventuelle volte-face pour les déposer préalablement au Sénat, ne changera pas. Les jours de session restants ne suffiront plus pour que la première Chambre saisie puisse passer au vote.
La Constitution prescrit que parmi les conditions de vote d’une loi organique que le projet ou la proposition n’est soumis à la délibération et au vote de la première Assemblée saisie qu’à l’expiration d’un délai de quinze jours après son dépôt.

Incontournable
À la Chambre basse, les députés semblent se faire à l’idée de jouer les prolongations durant une session extraordinaire pour voter les projets de lois organiques électorales.
La Loi fondamentale fixe  toujours la durée d’une session extraordinaire à douze jours. Pour respecter le délai de quinze jours avant délibération, prévu par la Constitution, il faudra que les projets de lois organiques soient tout de même présentés soit au Sénat, soit à l’Assem­blée nationale, durant cette deuxième session ordinaire.
Comme l’indique un observateur, toutefois l’Exécutif peut toujours convoquer une deuxième session extraordinaire si cela est nécessaire. Ce ne sera pas la première fois.
Étant donné le temps qui reste avant la fin de cette deuxième session, la Chambre qui sera saisie en second devrait, quoi qu’il en soit, faire un extra pour pouvoir débattre et voter les trois projets de lois organiques. Sauf si les parlementaires décident d’un vote expéditif. Les dispositions constitutionnelles soulignent, néanmoins, qu’au risque d’une décision définitive à la majorité des deux tiers de l’Assemblée nationale, ou d’une mise en vigueur par ordonnance par l’Exécutif, les deux Chambres parlementaires doivent adopter les projets de loi organiques dans les mêmes termes.
Ceci étant, la convocation d’une session extraordinaire du Parlement par un décret de l’Exécutif semble incontournable. La Commission électorale nationale indépendante (CENI), recommande en effet, que les textes électoraux soient adoptés le plus tôt possible pour laisser assez de temps pour leur appropriation et vulgarisation. Des analystes affirment que connaître les règles du jeu électoral, tôt, contribuerait à l’apaisement du processus.
Une source gouvernementale indique, toutefois, que l’Exécutif ne devrait pas attendre la première session, le mois de mai prochain pour présenter les textes électoraux au Parlement. La question est, quand se tiendra la session extraordinaire ? Certains ne souhaiteraient pas compromettre la trêve des fêtes de fin d’année.
Pour adopter ces projets de loi dans la quiétude, toutefois, le pouvoir songerait à organiser une rencontre avec les entités récalcitrantes afin de leur exposer leur contenu et expliquer leur esprit. Convaincre les parlementaires étant, probablement, aisé.

Garry Fabrice Ranaivoson