Comme chaque année, la plage de Ramena a été envahie par une grande foule durant le weekend pascal. Mais sa beauté a été ternie par les saletés laissées par certains promeneurs. 

La célébration de Pâques, la plus importante fête chrétienne, s’est  déroulée comme prévue à Antsiranana. Malgré un début timide, nombreuses ont  été  les familles et les différentes associations religieuses  qui ont profité des deux derniers jours du weekend pascal pour se retrouver autour d’un pique nique et  pour passer des moments inoubliables sous le signe de la détente et de la relaxation, loin des tracas de la vie quotidienne.
La plage mythique de Ramena a encore battu son record de fréquentations, malgré la disparition des initiatives locales comme les festivals « Fantsiky Lamonty » et « Kabaro » qui électrisaient  l’ambiance de la  fête. Tous les ans, les manifestations s’organisent dans la continuité du village ouvrant vers la plage, sur un espace en plein air, pied dans l’eau. Elles ont pour objet de renforcer et de mettre en valeur le caractère balnéaire et culturel de la baie de Diego-Suarez, classée la plus belle baie du monde.
Malheureusement, Ramena n’est plus comme avant, sa beauté  est  menacée. Et certaines catégories de personnes ont déjà  déserté la plage à caractère touristique  réputé mondialement. « La mer est devenue sale et puante », constate une mère de famille qui a évité de se baigner. Par manque d’hygiène, les tonnes de saletés laissées par les
campeurs ont terni l’image de la plage. Aucune initiative ni mesures adéquates ont été prises pour maintenir la beauté et la propreté de l’endroit. Or, le fait de jeter des préservatifs à la mer salit l’image de notre site vis-à-vis des touristes. Sans parler de l’impact négatif sur les produits halieutiques.

Actes de violences
En outre, à cause des actes de violences perpétrées par  des groupes de jeunes délinquants de la ville, connus par  l’appellation « Foroches », l’ambiance n’est plus au rendez-vous. Avant, on pouvait dire que le tout Diego s’y donnait  rendez-vous pour passer ensemble les quatre jours du weekend pascal, mais depuis cinq ans, les gens se contentent de n’y passer que le dimanche ou le lundi de Pâques.
À voir les statistiques provisoires du bilan des sinistres durant les festivités pascales de cette année, elles risquent de dépasser celles de l’année dernière. En effet, selon le Pr Alexadrio  Rabemazava, directeur du Centre hospitalier universitaire de Tanambao, 12 person­nes ont été hospitalisées   dimanche et lundi. Trois d’entre eux ont trouvé la mort, respectivement à cause d’une plaie pénétrante au niveau du thorax, d’un traumatisme crânien grave par coup et  blessure volontaire et d’un accident vasculaire cérébral.
Sur la plage de Nosy  Lonjo, « Pain de sucre », une fille de 13 ans s’est noyée tandis qu’un chauffeur de taxi-Bajaj a été poignardé à Ramena et a succombé à ses blessures. Effets de l’alcool, actes de banditisme et accidents de la circulation ont été les principales causes de ces décès qui ont assombri certainement les familles respectives des victimes.
On a aussi remarqué que le déplacement à Ramena conduit les jeunes à s’initier au rapport sexuel précoce non protégé et à l’abus d’alcool. Et comme chaque année, les festivités pascales riment souvent avec excès de vitesse en dépit de la présence des gendarmes et  des policiers sur les routes nationales ou dans des points noirs. L’on a dénombré une dizaine de
victimes de la circulation
routière sans dégât corporel.

Raheriniaina