Escortés d’éléments des  forces de l’ordre et d’une vingtaine de quartiers mobiles, le maire d’Ampitatafika ainsi que des conseillers ont été chassés.

Branle-bas de combat à Antanifotsy. Le déplacement au forceps du marché d’Andakadrano, vieux de soixante ans,  au profit de celui d’Antaninandro, a provoqué un séisme. Mardi après-midi aux alentours de 16 heures, le maire de la commune rurale d’Ampitatafika, accompagné de quelques membres du conseil communal ainsi que d’une vingtaine de quartiers mobiles (NDLR: membres du comité  local de sécurité auprès des fokontany) s’est heurté de plein fouet à une foule en furie, décidée de défendre son précarré.
Bien qu’appuyée par des éléments armés des forces de l’ordre, la forte délégation communale est rentrée bredouille. Rameutés en un éclair par des contestataires qui s’opposent vivement
au  déplacement du marché sexagénaire, des commerçants ainsi que des riverains prêts à en découdre, ont tenu tête aux autorités venues faire l’expulsion.
Un hangar, faisant office de pavillon de commerce, a été incendié et un morceau de brique a été lancé dans les rangs du maire et de ses compagnons. Un membre du conseil communal
s’est pour sa part, attiré la foudre des insurgés. Armé de hache, celui-ci allait se déchaîner sur un pavillon lorsque les contestataires la lui ont arrachée, laissant pantois la vingtaine de paires de bras rassemblées auprès des comités locales de sécurité pour démolir les constructions érigées sur la vieille place du marché.

Antécédent tragique
Vers 17 heures, alors  que la vive tension était sur le point de virer à l’échauffourée, les autorités ont fait machine arrière, épargnant ainsi les commerces en question.
« En 1986, une pareille expulsion s’est soldée par la mort d’un gendarme et plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées. Il est hors de question qu’une telle tragédie se répète. La préservation de  l’ordre public et de la paix sociale doit primer. Une approche aussi bien équitable que pacifique est à préconiser de manière à trouver un terrain d’entente », confie une source auprès de la gendarmerie.
Elle suggère sur cette même lancée le maintien du marché d’Andakandrano, où  les commerçants et habitants du district se ruent tous les mercredis. « Il serait par exemple raisonnable  de fixer à un autre jour que celui de mercredi le jour du marché à Antaninandro », avance le même interlocuteur.
Les deux places du marché sont distantes d’environ un kilomètre. Il y a six mois, le conseil communal  a voté  la suppression de celle d’Andakandrano, située à treize kilomètres de la
RN 7 en prenant la bifurcation menant à Antanifotsy, pour déplacer les commerçants à Antaninandro.
Vue d’un mauvais œil par plus d’un, la décision n’a jamais été exécutée jusqu’à ce que la commune ne revienne à la charge.

Andry Manase