La commune urbaine d’Antananarivo a du mal à gérer l’assainissement dans la ville. L’état de santé des habitants est en danger.

Dans un état déplorable. Faire halte à l’arrêt bus 123 à Ampasampito devient plus qu’un calvaire. Le canal, longeant le côté de la chaussée, émane une odeur nauséabonde. Il sert de poubelle et d’urinoir à certaines personnes. À Anosibe, il suffit d’être bloqué quelques minutes dans les embouteillages pour être suffoqué. Les canaux d’évacuation n’ont sûrement pas été curés depuis plusieurs jours. La dernière fois que ce curage ait été fait, les ordures a été juste laissées à côté et n’ont pas été ramassées. Sur l’avenue de l’Indépendance ou encore du côté du jardin à Ampe­filoha, les sans-abri font leurs besoins là où bon leur semble. Les commerçants y mettent aussi des leurs, en laissant leurs ordures là où ils ont étalé leurs marchandises.
Mais ce n’est pas tout. Tous les canaux d’évacuation dans les quartiers des six arrondissements sont presque obstrués, actuellement. « Les rats montent jusqu’aux maisons car les canaux sont tous bouchés », s’inquiète un habitant d’Ankadifotsy.
L’état de santé des habitants de la ville se détériore, à cause de cette pollution. Elle est vecteur de plusieurs maladies, selon quelques médecins. Il s’agit, entre autres, de problèmes respiratoires, de diarrhée et des maladies de la peau, selon le Dr Hervé Rabeson, chef de service médical de la Commune urbaine d’Anta­nanarivo.

Dur labeur
Le médecin d’un cabinet privé à Ankadifotsy nous confie qu’il a eu des patients victimes de cette pollution, récemment. « En deux semaines, j’ai reçu trois adultes qui ont vomi des parasites. C’est à cause des ordures qui s’empilent », témoigne-t-il. Les médecins recommandent de faire particulièrement attention à l’approvisionnement en eau dans les bornes fontaines. « Les mouches volent autour des bidons après une baignade dans la saleté. Il faut donc bien les nettoyer », indiquent-ils.
La commune urbaine d’Antananarivo aurait délégué la charge de l’assainissement aux arrondissements. Les délégués d’arrondissement reconnaissent que c’est un travail de dur labeur. « Nous avons suspendu l’assainissement ces derniers jours et allons le reprendre la semaine prochaine. Une cinquantaine de personnes seront déployées pour cela et nous allons concentrer nos efforts à Anosibe. Nous faisons de notre mieux. La pérennisation des travaux est la plus dure », rétorque Solofoniaina Ramahandrimanana, délégué du quatrième arrondissement. Les délégués du troisième et du cinquième arrondissement semblent être découragés par la conduite de certaines personnes. « Nous programmons des assainissements presque tous les mois. Malheureusement, nos efforts restent vains, on jette des ordures une fois les travaux faits », déplore Rado Andriamamonjisoa, délégué du troisième arrondissement.

Miangaly Ralitera