La région de l’Androy est arrosée par la pluie, depuis décembre. Les précipi­tations ont dévasté plusieurs infrastructures.

Renversement de situation. Le « Deep South », ayant vécu trop longtemps dans la sécheresse, est actuellement frappé par l’inondation. « La pluie n’a cessé de tomber depuis la mi-décembre. À cet instant (ndlr : hier après-midi), le ciel est couvert et la pluie ne tardera pas à tomber », raconte Robert Michel Ratsimbazafy, premier adjoint au maire de la commune urbaine de Bekily, joint au téléphone, hier.
Les conséquences sont lourdes, pour ces villageois qui ne se sont pas préparés à supporter de pareils aléas. On a rapporté, entre autres, la destruction de la brigade de la gendarmerie de Bekily, pendant la fin de semaine. Plusieurs habitations auraient également été dévastées. « Nous n’avons pas encore établi le recensement, mais de visu et selon quelques doléances reçues, plus d’une vingtaine de maisons ont été détruites et envahies par l’eau, depuis. Conformément à notre culture, c’est honteux d’être un sans-abri, donc, les victimes ont été hébergées par leurs familles », enchaine Robert Michel Ratsimbazafy.

Des routes coupées
Les rivières commencent à monter. « La hauteur de la rivière de Mandrare qui passe par le village, atteint déjà celle du pont. Les champs de culture au bord de cette rivière sont détruits. Des bœufs et des chèvres ont été transportés par le courant d’eau », cite ce premier adjoint au maire de Bekily.
Des infrastructures routières sont également détruites, à l’instar de la route qui relie Amboasary à Ambo­vombe. « Ceux qui empruntent ce trajet sont obligés de prendre des déviations ou faire un transbordement. Un grand creux de deux mètres s’est formé à Andranovato, depuis décembre. Jusqu’à présent, cette route est inaccessible », rapporte Paubert Tsimanova, un habitant d’Androy. Par ailleurs, la route de 62 kilomètres, entre Ambovombe et Antanimora, se fait maintenant en une journée entière, toujours à cause de la montée des eaux.
Selon Solonomenjanahary Andrianjafinirina, chef de service de la Prévision météorologie à Ampandrianomby, le régime de mousson explique cette très bonne pluviométrie dans cette partie de Madagascar, souvent frappée par la sécheresse.
C’est toutefois une bonne chose pour cette partie de l’île qui souffre de l’insécurité alimentaire. « Actuel­lement, la saisonnalité du calendrier cultural n’est plus appliquée. Dès qu’il y a de la pluie, nous ensemençons », termine Paubert Tsimanova. De bonnes récoltes sont ainsi attendues, prochainement, dans cette région.

Miangaly Ralitera